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Textes de Graines 2011

Contenu en cours d'actualisation

L'intitulé des sujet se trouve dans la partie "Palmarès" de l'édition 2011.

Niveau 6ème

 

1er prix ex aequo : Olivier SAUGET – Collège militaire – Autun

Le dernier combat d’Ulysse

Ulysse rêvait d'un peu de calme car, à Ithaque, il s'annonçait d'immenses festivités et il trouvait cela trop bruyant. Il décida donc de prendre de longues vacances avec ses hommes. Il prit alors un grand radeau. En mer, le radeau fut happé par les vagues et ils échouèrent sur une île.
Ils s'y installèrent, mais, un mois après leur arrivée, un monstre sanguinaire, nommé Erkénisés, les attaqua et décima une grande partie  de l'équipage. Il mesurait à peu près cinq mètres de hauteur et sept mètres de large. Il était très léger puisqu'il lui suffisait de toucher le sol pour s'envoler avec sa grande paire d'ailes. Il dévorait les hommes d'Ulysse avec une facilité incroyable ! Enfin, repu, il s'envola et Ulysse constata l'étendue des dégâts avec stupeur ; il organisa donc une récolte sur l'île pour réapprovisionner les vivres détruits par le monstre à l'appétit insatiable. Les survivants ramenèrent dix-huit baies et trois sortes de fruits inconnus mais délicieux. Ils tinrent ainsi plusieurs semaines en se lamentant sur leur énorme perte, mais Ulysse conserva son calme. Il pria Athéna, la sublime, de lui venir en aide en cet instant si sombre et elle lui répondit ces quelques mots : « Ulysse, aux ruses fatales, sois certain que ce monstre n'est pas immortel ; c'est un des fils de Gaïa et d'Ouranos, il n'a que deux faiblesses que tu peux utiliser : il craint l'eau bouillante, élément aquatique et non terrestre, ce qui ramollit sa carapace indestructible. Il craint aussi l'éclat de l'émeraude qui peut le tuer instantanément s'il est intense puisque sa rétine est fragile et ne supporte pas les forts éclats. Mais fais attention car il peut pénétrer dans les pensées les plus cachées ; dans les rêves, il est capable de vous faire suffoquer de terreur. Erkénisés a aussi le pouvoir de soumettre les hommes à sa volonté et il peut se rendre invisible. Fais attention Ulysse, le valeureux, car il en a dévoré plus d'un.»
Il élabora un plan très risqué mais aussi très efficace. Le lendemain, il prit une grande marmite d'eau bouillante et alla la placer sous une falaise. Ses hommes le prirent pour un fou mais ne firent pas de commentaire. Ensuite, ils allèrent cueillir des baies comme chaque jour, quand le monstre surgit des cieux. Il descendit en piqué, et goba deux hommes ! Ulysse se mit à courir et ses hommes le suivirent. Il courut à en perdre haleine jusqu'au sommet d'une falaise. Le monstre divin les suivit. Il demanda à ses hommes de le ligoter, de le bâillonner et de l'injurier. Ils obéirent tous mais avec un peu de réticence. Ulysse leur dit de l'injurier davantage, de l'attacher avec une corde et de le faire balancer dans le vide contre la paroi rocheuse de la falaise. Quand le monstre arriverait, il faudrait le remonter très vite. Le fils atroce détourna sa trajectoire après avoir mangé ces petits humains. Il vola vers la falaise où les autres humains s'étaient perchés. Un homme pendait au bout d'une corde et la bête aux dents acérées fondit sur lui à la vitesse de l'éclair. Mais les insultes proférées par les compagnons de l'homme ligoté l'empêchaient de lire les pensées de l'offrande enroulée dans les cordes, alors il ne sut que faire. Au moment où il allait dévorer Ulysse, ses compagnons le remontèrent et Erkénisés s'écrasa contre la roche. Sa carapace indestructible réduisit en miettes un pan de la falaise entier, cela découvrit un gros gisement d'émeraudes qui étincelèrent sous le soleil matinal. Erkénisés fut instantanément affaibli. Il tomba telle une lourde pierre et s'écrasa dans la bassine qu'Ulysse avait préparée. Il fut transpercé par le pieu caché au fond de la bassine, qui, normalement, aurait dû être arrêté par sa carapace mais cette dernière était en train de fondre. Voilà comment finit Ekénisés, aux mille tromperies.

Peu après le triomphe d'Ulysse, Pénélope, la fidèle, qui se doutait qu'Ulysse n'aurait pas voulu rester aussi longtemps loin de son dernier fils Andrios, décida de prendre le large pour retrouver son époux. Ensemble, ils exploitèrent le gisement d'émeraudes et vécurent heureux jusqu'à leur fin.


1er prix ex aequo : Léa VUILLIEN – Collège militaire – Autun

Ulysse et la disparition de Pénélope et de Télémaque

Après les grandes retrouvailles et une longue nuit avec sa femme Pénélope, Ulysse alla polir un bouclier et forger une épée pour son fils Télémaque. Lorsqu'il eut presque fini, il entendit un cri strident. Il sortit de la cave, plus rien. Il n'y avait plus personne, alors il appela «Pénélope, Télémaque, Pénélope.» Mais personne ne répondait. Par terre il vit des traces de pas d'une forme étrange, et en regardant bien il vit quelque chose briller dans les traces, c'était la bague de sa compagne. Et c'est ainsi qu'il comprit qu'ils avaient été enlevés tous les deux !
Alors Ulysse prépara un sac avec de la nourriture, de l'eau et une couverture. Il prit aussi son arc, son épée et son bouclier, et il partit à la recherche de son fils et de son épouse. Les traces de pas menaient à une forêt sombre. La nuit aux milliers d'étoiles tombait sur le ciel d'azur. Alors il se coucha au pied d'un arbre au milieu de la forêt. Au petit matin après un bon petit déjeuner, un grand sursaut l'envahit, une chouette s'était posée sur lui. C'était Athéna la déesse aux yeux d'aigue-marine. Et là, la chouette chuchota :
« Ulysse que je regarde depuis là-haut, j'ai eu pitié de toi qui cherche ta famille, alors je vais t'aider jusqu'à ce que tu les retrouves. Pour commencer prends ce poignard et lève-le vers le ciel juste devant la forêt.»
 Il obéit. Et là, tout d'un coup, les arbres, les buissons, les fleurs se poussèrent pour faire un chemin. Puis Ulysse et la chouette entrèrent dans la forêt. Au milieu du bois, Ulysse entendit les cris d'une femme, c'était Pénélope qui appelait : « Au secours ! ».
Il se mit à courir et arriva vers une falaise. Là il vit un taureau avec une queue de lion, des pattes de bouc  et les yeux rouges. Cette bête étrange pouvait sauter très loin et très haut, donc elle sauta pour arriver sur la falaise d'en face puis continua sa course ayant dans ses pattes Pénélope et Télémaque. La chouette dit alors à Ulysse :
« Reprends ton poignard et cette fois, pointe-le vers le sol. » Et là tout d'un coup une passerelle apparut entre les deux falaises, il put alors continuer sa poursuite. La nuit commençait à tomber mais il continuait à poursuivre. le taureau qui s'arrêta pour se reposer un peu, mais il surveillait toujours Pénélope et Télémaque.
Comme un  guerrier, Ulysse s'approchait à pas lents de sa famille, mais les feuilles crissaient sous ses pieds. Alors le taureau se redressa et vit Ulysse. La bête mit ses cornes en avant pour le tuer, mais il ne parvint qu'à écorcher son épaule. Le héros ne réussit point à le toucher. Alors, découragé, il s'enfuit et retourna là où il y avait ses affaires.
Pendant toute la nuit Ulysse réfléchit à une ruse ; il se souvient avoir vu des baies empoisonnées quand il combattait et les baies lui donnèrent une idée. Il les prit pour .les mettre dans l'eau que buvait le bovin afin de le tuer. Il tenta de s'approcher de la gourde quand son ennemi avait le dos tourné, et il réussit à glisser les baies. Le héros s'en alla discrètement. Le taureau prit ses affaires, les prisonniers et reprit son chemin. Ulysse le suivait avec attention et au bout de trois heures de marche, la bête but goulument, mais après quelques secondes, elle émit un hurlement de douleur et tomba. Ulysse courut pour sauver Pénélope et Télémaque, mais la chouette l'interrompit :
« Vite, plante le poignard dans le cœur du taureau. » Mais Ulysse ne voulut pas l'écouter, il était sûr qu'il l'avait tué. Alors il sauva son fils et son épouse et ils rentrèrent tous ensemble chez eux.
Il aurait dû écouter la chouette, car le taureau n'était pas mort ! Il se remit lentement de son empoisonnement mais aussitôt guéri, il repartit à la recherche d'Ulysse pour se venger.

 sujet 2

1er prix : Aïcha DENI-DENI et Camille HAUDRY
Collège Jean Zay – Chalon-sur-Saône

Toute une journée à Augustodunum

L'unique famille de Marcus
Dans la cité d'Augustodunum en l'an 432 après J.-C., Marcus un garçon de 16 ans, vivait avec sa mère, qui était veuve, et six enfants à garder. Elle était épuisée.
Il y avait Anastasia, 14 ans, qui était un petit peu inquiète pour son père. Il était parti à la guerre depuis plus d'un mois, et n'était toujours pas revenu. Nestorius, qui aimait la vie, profitait de ses 12 ans. Clovis, 8 ans, adorait faire des farces à ses frères et sœurs. Il y avait Ariane qui avait 6 ans et qui faisait sa chef en disputant Clovis et Barthélemius. Barthélemius, 3 ans, était souvent timide. Il y avait Eléonore qui avait 1 an mais qui ne faisait rien de mal car ce n'était qu'un bébé. Puis enfin Agathe la mère dévouée de tous ces enfants.
La journée de Marcus
Des 5 heures du matin, Marcus  allait à la pêche pour pouvoir ramener  de quoi déjeuner : comme son père avant lui, Marcus était fier de rapporter la nourriture pour toute la famille. Ils n'étaient  pas bien riches,  et les poissons pêchés amélioraient leurs repas de tous les jours : le prix de la viande était tellement élevé ! Cela changeait  du pain et des quelques fruits qui composaient leurs repas habituels. Le ruisseau qui passait près de la grande pyramide de la nécropole fournissait des poissons frais presque chaque jour, et le meilleur endroit était la petite cascade.
Marcus rapporte ses poissons à la maison. Il prend son petit-déjeuner  avec sa famille : une bouillie de millet, sans une seule cuillère de sucre. Pendant ce temps, sa mère Agathe lui prépare son déjeuner. Elle cuisine le poisson bouilli, un petit pain dans lequel elle a écrasé de la mâche, et une pomme. Elle n'oublie pas une grande gourde d'eau : le travail difficile de Marcus lui donne toujours soif !
Au travail !
Il est déjà 6 heures, Marcus part pour l'atelier. Il est apprenti depuis l'âge de 10 ans dans le même atelier que son père, qui est tailleur de pierre. Depuis deux semaines, il travaille à la réparation du  temple  de Janus. Depuis presque 300 ans, le vieux temple construit par les premiers Romains installés dans la ville a bien besoin d'être entretenu !
Pour se rendre  au chantier,  Marcus  traverse  toute la ville. En traversant la rue Julius Caesar, il aperçoit son ami Pacoros  :
« Hé, Pacoros  ! » appelle Marcus
«Ah c'est toi Marcus » répond son ami.
«Allons ensemble au chantier » dit Marcus.
«D'accord, cela va être une journée chargée ! Toutes ces réparations n'en finissent pas ! »
Ils passent la fontaine de la rue aux Loups, et la boutique du cordonnier. Après les dernières maisons  de la ville, ils continuent sur la plaine jusqu'au temple. Et arrivent enfin au chantier.
Le temple de Janus
Arrivés devant le Temple de Janus, Marcus et son ami Pacoros sont étonnés de voir la grandeur du Temple qu'il fallait reconstruire.
Sur le chantier  ils aperçoivent leur groupe qui commençait le travail.
- «Hé ! Dépêche ! » presse Pacoros. Ils se présentent au contremaître Terticus.
- «Bonjour. » disent Pacoros  et Marcus.
- «Bonjour. Ce matin  vous  aller commencer par refaire l'entrée du Temple comme il était jadis.» ordonne  Terticus.
Quand midi arrive les tailleurs de pierre se précipitent sur leurs sacs pour aller chercher leurs casse-croûte. Ils ont de tout : des pommes, des noix, du raisin et quelques mûres. Il y a très souvent  des céréales.
Dès qu'ils ont terminé leur repas, ils recommencent à travailler jusqu'à dix-sept heures.
Pendant ce temps la mère de Marcus prépare la soupe du midi pour  ses petits frères et soeurs.
17 heures arrive enfin.
Marcus se prépare pour rentrer chez lui avec Pacoros. Pendant ce temps, sa mère prépare la table. Aujourd'hui, elle invite Pacoros  à manger avec eux. Après avoir soupé, Marcus raccompagne son  ami  Pacoros chez lui. Après avoir  accompagné Pacoros, Marcus rentre chez lui. Il couche ses frères et soeurs et la fatigue tombe sur lui. Et il va se coucher pour le travail du lendemain.

 

Niveau 5ème

Niveau 5e – sujet 1
1er prix : Océane GUILLOT – Collège F. Sarrien – Bourbon-Lancy

Fabuleuse gargouille

Je m'appelle Georgianne. Il y a six ans, des pèlerins se sont arrêtés chez nous. Mon frère jumeau taillait des pierres devant la maison pour s'occuper. Alors un pèlerin, qui était le maître tailleur, remarquant qu'il avait du talent, lui proposa un marché : lorsque la confrérie reviendrait du pèlerinage, on l'emmènerait à la cathédrale Saint-Lazare pour qu'il devienne tailleur de pierre.
Malheureusement, un an plus tard, mon frère fût atteint du typhus. Je me résignai donc à aller travailler à sa place. Lorsque les pèlerins revinrent, je cachai mes boucles sous un bonnet et me fit appeler désormais « Georges». Le voyage fut long et pénible. Arrivée à destination, on me logea dans une petite maison avec les autres pierreux.
Depuis, tous les matins, je mets mon bonnet et je pars au chantier. La cathédrale prend de plus en plus forme, nous avons commencé les emplacements des gargouilles avec des conduits d'écoulement. Les journées de travail sont longues, le labeur est pénible. Il faut porter des seaux de mortier, charger, déplacer et tailler des pierres.
Ce matin, arrivant au chantier, je suis interpellée par le maître tailleur de pierre : - Georges ! crie le maître tailleur de pierre.
- Oui monsieur ? dis-je.
-Veux-tu aller tailler des gargouilles ? Je pense que tu en es capable sans suivre les sept années d'apprentissage, j'ai vu tes créations et elles sont très réalistes.
- Oui, je veux bien.
Il m'emmène donc dans une ruelle où m'attend une échelle et il me dit de monter. Lorsque j'arrive en haut, un groupe d'hommes me regarde et me salue. Ce sont des imagiers, les sculpteurs, je suis ravie d'intégrer ce groupe.
- C'est toi le p'tit nouveau ? me demande un jeune garçon aux cheveux blonds.
- En effet. Comment t'appelles tu?
- Je m'appelle François et toi ?
- Georges.
- Mettons nous au travail, les gars, crie un homme qui doit avoir la cinquantaine.
- Oui Henri, répond François.
- Toi Georges, tu me suis, je vais te montrer comment l'on doit tailler des gargouilles, m'ordonne Henri. Déjà, il faut que tu l'imagines. Ensuite, tu prends une pierre là-bas et tu commences soigneusement la taille. Il pointe son doigt sous un abri et m'invite à y pénétrer. L'endroit est rempli de maillets et de ciseaux.
Après quelques explications supplémentaires, je me mets au travail sous les yeux attentifs de mes camarades. Au bout d'environ une heure, alors que je n'ai pas même fini ma gargouille tous s'extasient devant mon œuvre qui a la tête d'un dragon. Elle est si réaliste qu'elle leur donne des frissons.
- Comment fais-tu pour sculpter de manière aussi raffinée ? me demanda un autre garçon dont je ne connais pas le nom.
- Bon, laissez le et allez travailler, crie Henri. Si tu veux, François, tu peux rester à coté de lui aujourd'hui pour l'aider. Moi, je dois aller voir Gislebert, le maître tailleur.
- D'accord, je reste avec lui. Eh, Georges, tu veux bien être mon ami ?
- Si tu veux
Quelques heures plus tard, fatiguée, je m'assoupis. Mon nouvel ami me secoue et enlève mon bonnet pour que je me réveille.
- Ha ! fais-je, surprise.
- Mais tu es une fille, déclare François tout aussi surpris que moi.
Je m'empresse de remettre mon bonnet.
- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas le dire. Quel est ton vrai prénom?
- Georgianne.  •
- Pierreux, ce n'est pas pour les filles. Pourquoi le fais tu?
- Lorsque j'étais jeune, lors d'un pèlerinage, Gislebert s'est arrêté chez nous et a dit à mon frère jumeau qu'à leur retour, il l'emmènerait à la cathédrale. Ensuite, mon frère est mort, donc je suis allée à la cathédrale à sa place.
- Donc tes parents ne sont plus là ?
- Non.
- Tu t'arrêtes de travailler et moi je t'apporte de l'argent. Je te trouverai des pierres plus faciles à tailler pour que tu continues de créer des créatures fantastiques. Je vais prévenir Gislebert.
- Attends !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mais il était déjà parti. Quelques minutes plus tard, il revint et m'annonça:
- C'est d'accord, tu peux y aller. A ce soir !
Je venais juste de devenir imagier, j'étais très déçue. En partant, je regardai pour la dernière fois cette sublime cathédrale : je me surpris même à verser quelques larmes...

 sujet 2

1er prix : Maxime GUERINEL – Collège Pierre-Paul Prud’hon – Cluny

Le miroir de Merlin

Nous commençons notre histoire au XIIème siècle dans le duché de Bourgogne, un jour de printemps, sous un soleil radieux, où la campagne entourée de forêts verdoyantes était en pleine effervescence. En effet, un grand tournoi devait se dérouler et déjà tous les chevaliers, aidés de leurs écuyers, s'affairaient pour les derniers préparatifs. Mon page Godefroy vérifiait mon destrier alors que j'allais me présenter au duc Francis. J'étais  un jeune noble, du nom de Foulque de Neyrac, j'avais été adoubé depuis maintenant deux ans et je parcourais depuis le royaume pour parfaire ma condition de chevalier. C'est alors que mon regard croisa celui de la gente damoiselle. Elle était d'une beauté incomparable, avec des yeux de velours, une peau aussi blanche que neige, un visage plein de douceur, des lèvres telles une rose, des cheveux brillants de mille feux, c'était Louisanne la fille du seigneur. J'en fus ébloui ! Elle me remit alors son écharpe, j'allais défendre ses couleurs, le rose et violet. Elle, de son côté, dit à sa servante qu'elle me trouvait plein de beauté, de noblesse et de prouesse. Les oliphants retentirent, les épreuves commencèrent. J'étais le troisième à passer, j'enchaînais les victoires et enfin lors de la dernière joute, piquant des deux ma monture, je réussis à désarçonner le chevalier Rolland de Cluny. Je reçus alors des mains de ma douce la plus précieuse des récompenses, une épée en or. Je lui remis un collier de rubis en gage de mon amour et alors qu'elle le mettait, je vis la pierre s'assombrir, cela était le présage que quelque chose de terrible allait lui arriver. Après le tournoi, eut lieu le banquet. Je tendis une coupe de vin à Louisanne, celle-ci en but et tomba inconsciente. A la stupeur générale, s'en suivit un brouhaha, où la voix de la sorcière Morgane s'éleva, m'accusant de traîtrise et de cet empoisonnement. Aussitôt, des chevaliers me menacèrent de leurs épées, et je fus enfermé dans un cachot. La nuit fut longue, je priai Dieu, implorant son aide, quand au petit  matin, le duc vint. Il me dit que sa fille était plongée dans un profond sommeil, et que seul le philtre du jardin de Merlin pourrait la délivrer de ce sortilège. Il possédait une carte indiquant son emplacement, mais elle était dans un coffre magique que nul ne pouvait ouvrir, s'il n'avait placé dessus trois pierres précieuses : rubis, saphir et topaze. Malheureusement ces joyaux avaient disparu  depuis longtemps et personne ne savait où les trouver. Le Duc me confia que Morgane essayait de s'emparer du duché, qu'il était vieux et que sa fille mourant, rien ne s'opposerait à la traîtresse. Sauver mon amie, laver mon honneur, rien ne me détournerait désormais de ma quête.
J'enfilai par dessus mon gambison, mon haubert et mon camail, puis je revêtis mon armure sans oublier de glisser sur mon cœur l'écharpe de mon aimée. Sur mon valeureux destrier, je partis, sans oublier mon écu et mon épée. Cela faisait des jours que je parcourais la campagne sous une chaleur torride, j'arrivai dans un royaume où la terre était gaste ; les paysans affamés se cachaient car un aigle géant anthropophage régnait sur cette terre dévastée. Il crachait de son long bec des flammes, brûlant tout sur son passage pour trouver de la chair humaine. Je décidai de me désaltérer un moment, enlevant mon heaume et mon armure, quand le ciel s'assombrit. L'aigle déployait ses immenses ailes et tournoyait au dessus, en quête de nourriture. Soudain, le soleil fit étinceler mon casque, l'œil de l'animal le remarqua et il plongea aussitôt dans ma direction. Je me cachais derrière un arbre, quand je vis un enfant prendre mon heaume. En un instant, les puissantes griffes de l'oiseau l'avaient attrapé. N'écoutant  que mon courage, je courus en direction de l'aigle, il me vit et le feu m'encercla rapidement. Je plongeai alors dans l'eau, je le voyais me chercher. Alors qu'il s'apprêtait à manger l'enfant, je sortis des flots, les flammes rejaillirent mais le lac se  transforma en miroir, renvoyant dans ses prunelles la lumière du feu, le rendant aveugle. Avec mon épée, je lui crevai les yeux, puis l'enfonçai profondément dans son cœur. L'aigle mourut et libéra l'enfant. Je retirai alors mon épée du monstre, surgit à la pointe un magnifique rubis, le cœur de la bête n'était que pierre. Je le mis dans l'écharpe de Louisanne. La terre reverdit comme par enchantement, les vilains et les serfs me fêtèrent comme un héros et souhaitaient me voir devenir leur seigneur, mais ma quête n'était pas finie, et avec l'aide de Dieu, je me devais de poursuivre mon périple.
C'est ainsi que j'arrivai dans les terres des comtes de Carcassonne. Je rencontrai en route un groupe de chevaliers : le comte partait en pèlerinage, mais il m'offrit l'hospitalité. Le château était impressionnant, entouré de hauts remparts, d'immenses donjons s'élevaient vers le ciel. Une fois le pont-levis franchi, tout n'était que luxe et puissance. Je fus dignement reçu par les plus belles princesses, mais aucune n'égalait la beauté et la douceur de mon aimée. Le lendemain, alors que je galopais, j'entendis du bruit, je vis les hommes du comte attraper des poissons près d'un lac, et leur arracher les écailles une à une ; celles-ci se transformaient en pièces d'argent. Partis avec leur butin, ils laissaient les animaux mourir sur la berge. Je les remis à l'eau, quand je les vis revenir à la surface et former un magnifique tapis d'argent. Une force invisible me poussa à monter dessus. Il me dirigea alors vers le milieu du lac et brusquement, une main surgit tenant un saphir d'un bleu aussi pur que les eaux. Je le pris et le radeau de poissons me ramena sur le rivage. Mon précieux  joyau dans mon écharpe, je me retournai, le lac avait disparu et le château au loin ne ressemblait plus qu'à un tas de ruines.
Je poursuivais ma route vers Camelot, le roi Arthur pourrait certainement m'aider à trouver la demeure de Merlin. Alors que j'arrivais après plusieurs mois d'errance, épuisé et affamé dans son royaume, mon cheval se cabra, car une colombe blessée venait de tomber devant nous. Je la ramassai, la soignai, et la nourris des maigres graines que je trouvai. Elle fut ainsi ma compagne de route durant plusieurs jours, puis un matin, elle disparut. Alors que j'étais assoupi sous un arbre, au loin, je vis briller la campagne de mille feux, je rencontrai des voyageurs qui me dirent qu'il s'agissait du verger de la sorcière Morgane, mais que personne n'avait jamais pu y pénétrer sans en mourir. Peut-être était-ce là que je trouverais ma topaze ? Je devais affronter cette sorcière. La nuit me porta conseil, je priai, remettant ma vie à Dieu. Au matin, près de moi se trouvait une  épée que je reconnus aussitôt car dans son pommeau se trouvait un morceau de la lance qui avait transpercé le Christ sur la croix. C'était «Joyeuse» l'extraordinaire épée de Charlemagne qui protégeait des poisons et des forces du mal. Je me sentis invulnérable et partis affronter Morgane. Alors que je passais le pont, les poutres de bois se transformèrent en serpents, s'enroulant autour de moi, m'étouffant. Je combattais avec rage, «Joyeuse» tranchant ces monstres un à un, mais alors que je m'apprêtais à achever le dernier, Morgane m'apparut et enfonça son poignard dans mon cœur. L'écharpe, contenant le rubis et le saphir, arrêta la lame et je pus, dans un dernier élan, tuer la sorcière. Blessé, je pénétrai dans le verger aux pommes d'or, où je m'effondrai. Je sentis mon sang se glacer et demandai pardon à Louisanne de mon échec, c'est alors que la colombe apparut, des larmes de sang coulaient de ses yeux et, tombant sur ma blessure, me soignèrent. J'allais ramasser les pommes, quand l'oiseau me piqua le doigt. Elle en fit tomber une, qui transforma brusquement en statue un écureuil passant par là. Morgane avait encore des pouvoirs ! La colombe fit de même sur toutes les pommes sauf une, elle se posa sur la branche et attendit. Je pris l'animal dans ma main pour le caresser, mais il disparut. Alors que je cueillais ce dernier fruit, il se changea par magie en une topaze aussi belle que le soleil.
De retour au château du Duc Francis, aussi vite que je le pus, je lui remis mes trois pierres avant que ma Louisanne n'ait plus un souffle de vie. Les trois joyaux introduits à leur place, je réussis à ouvrir le coffre ; à l'intérieur, se trouvait un miroir ! Le Duc le saisit, et ne vit avec stupeur que son reflet, il ne comprenait rien, mais sa fille allait mourir. De rage, il le jeta. Le ramassant, je ne vis que mon visage. Je le reposai délicatement sur l'écharpe de ma douce amie. Ayant échoué et n'ayant plus d'honneur, je pouvais mourir à ses côtés, quand apparut sur le miroir l'image de Louisanne allongée dans mes bras. Seul un amour pur et sincère, un cœur noble pouvaient la sauver, Dieu m'avait guidé. Je jurai alors que toute ma vie, je lui resterais fidèle. Nous nous mariâmes et eûmes une vie heureuse en mon royaume.

 
2e prix : Ambre DEWAELE - Collège Pierre-Paul Prud’hon – Cluny

La quête du chevalier Eragon

« Père, contez-moi encore les exploits qui vous ont mené en Terre de Bretagne» ! Le chevalier Eragon soupira, il les avait déjà racontés des dizaines de fois, mais, de bonne grâce, il s'exécuta.

J'étais, à l'époque, jeune chevalier à la cour de notre seigneur Jovias. Du même âge que son fils Emeric, je passais beaucoup de temps avec lui. Les chasses à courre m'ennuyaient mais j'étais de tous les tournois, j'aimais croiser le fer dès que l'occasion se présentait mais je n'étais pas le meilleur. J'étais plus habile avec la dague que je tenais cachée dans les replis de ma cotte de mailles. Je ne manquais pas d'audace, peut-être de modération. J'étais prêt à braver quiconque, pour mon roi et pour son fils.
Vers le milieu du printemps, nous étions tous rassemblés au château lors d'un des nombreux banquets. Un messager fut introduit à la cour et la teneur de son message marqua indirectement le début de mon aventure. Le seigneur de Brancion nous déclarait la guerre ! L'excitation gagna tous les convives, nous allions enfin pouvoir prouver nos qualités chevaleresques. Mon enthousiasme fut de courte durée lorsque j'appris que je devais rester pour assurer la protection du château  en compagnie du prince Emeric.
Après le départ du seigneur Jovias et de son armée, la vie s'organisa au château, monotone et ennuyeuse. Le seul côté positif était la présence de Damoiselle Liseline, dame de compagnie au service de Brunehaut la mère d'Emeric. Elle était d'une beauté telle que je ne voyais qu'elle. A chacun de ses pas, l'or semblait danser dans ses cheveux. Ses yeux d'un bleu profond étaient comme deux saphirs étincelants. Elle avait la taille bien faite et la grâce de sa démarche me charmait chaque jour davantage, il n'y avait qu'un mot pour définir le sentiment que je lui portais : l'Amour.
La saison n'eut pas le temps de finir que Emeric tomba gravement malade. Le moine guérisseur fut mandé en toute hâte. Le verdict tomba; il fallait au jeune prince une décoction «d'ilex striatum*» ! Le moine ajouta qu'on ne trouverait cette plante que dans la forêt de Brocéliande en Bretagne, à plusieurs journées de cheval. C'est ainsi que sur l'ordre de Brunehaut je rassemblai mon paquetage et partis avec mon écuyer Géraud à la recherche de cette médication miraculeuse.
Nous n'avions pas fait une journée de cheval que cinq personnages lourdement armés sur leurs destriers nous tendirent une embuscade. Du premier, je perçai l'écu et l'abattis, mort jambes en l'air. Mon écuyer rompit le clavain du second et le transperça de son épée. Il en restait trois contre deux. Le combat fut rude. J'en fit tomber un de son cheval et lui tranchai la gorge. Les deux autres fuirent devant notre détermination et notre vaillance. L'issue du combat fut heureuse pour nous et nos montures : nous étions indemnes.
Nous continuâmes notre route. A proximité d'un village nous entendîmes des cris de désespoir ; devant nous une petite fille pleurait. Lorsqu'elle nous aperçut, elle se mit à genoux et nous implora de l'aider. Nous la suivîmes et arrivâmes devant une maison en feu, la mère de l'enfant était prisonnière des flammes. Au mépris du danger j'éperonnai mon cheval et le fis sauter par dessus une poutre enflammée. J'attrapai la mère qui était coincée et ressortis à toute allure du brasier, derrière moi la maison s'effondra. Je la déposai vers sa fille et rejoignis mon écuyer. Nous étions prêts à repartir lorsque la femme me donna, en remerciement de ma bravoure, un onguent pour guérir n'importe quelle plaie. J'avais eu de la chance cette fois encore mais le regard de mon écuyer en disait long sur les risques encourus.
Nous arrivâmes enfin  dans la forêt de Brocéliande. Je me rappelai les instructions du  moine guérisseur :
«Dirigez-vous vers le soleil et vous arriverez dans une clairière, la clairière des druides. Vous ne le saurez pas mais vous les reconnaîtrez.»
Lorsque nous atteignîmes la clairière, des hommes semblaient nous attendre, ils étaient vêtus d'une simple tunique et d'une ceinture en cuir marron. Nous descendîmes de cheval  et nous approchâmes. Celui qui semblait être le chef prit la parole :
«Nous  savons où se trouve ce que vous cherchez, dit-il. Pour cela il vous faudra tuer la créature qui hante nos forêts et qui décime  notre peuple.» J'acquiesçai. Il nous indiqua où trouver  le monstre.
«Attention, ajouta-t-il, vous ne pourrez l'atteindre qu'en un seul point, situé à la base de l'épaule et du cou du côté du cœur. Si vous réussissez nous le saurons et nous vous donnerons l'«ilex striatum»! Sur ces mots ils semblèrent tous s'évaporer. Nous  partîmes, je me préparai  à l'ultime combat, nous avions une chance contre mille mais mieux valait mourir que renoncer. L'Amour de  ma gente pucelle me rendait vaillant.
Soudain apparut le monstre, écailles luisantes sur tout le corps, quatre énormes pattes griffues et des crocs acérés dans une gueule écumante.
Géraud est pétrifié, je m'élance, tente de m'agripper aux écailles  et parviens à changer de monture. Je  suis secoué de maints côtés et me blesse par moult endroits mais il me faut tenir. Le visage d'Emeric me revient  et guide ma main et la dague qu'elle serre vers le point qui sera fatal. La bête s'écroule enfin, vaincue.
Blessé gravement je fus secouru par Géraud qui m'enduisit d'onguent. En un temps record mes blessures se refermèrent. Mystérieusement prévenu le druide réapparut : «Vaillant et preux chevalier, de la bête tu as triomphé. Cette plante, remise dans tes mains, ton  ami guérira, dès demain ! » Et il disparut tout aussitôt.
Le trajet du retour me sembla de courte durée, nous arrivâmes épuisés mais triomphants. Comme l'avait prédit le  druide, Emeric se remit vite et bien.  Dame Brunehaut me  fit  mander : «chevalier, toi qui as sauvé mon fils du mal, la récompense que tu voudras, te donnerai, parle ! » Tout jeune chevalier que j'étais, j'osai lui demander la main de la dame de mon cœur, elle accepta et Liseline fut mienne. Lorsque Jovias revint en vainqueur il ajouta à ma douce récompense des terres et le château où  nous sommes maintenant. Je ne saurais décrire les réjouissances qui marquèrent son retour et mon exploit.

Et le père regarda  tendrement son fils endormi.

 Mention spéciale : prix de l’humour : Jean FRIOT
   Collège Pierre-Paul Prud’hon – Cluny

Le chevalier raté

J’avais froid devant cette grotte, on m'avait confié cette mission, en pleine guerre contre les anglais. J'étais Jehan de la campagne électorale. J'étais grand, laid, pas très futé, bref le genre de grosse brute qui tape avant de réfléchir. Je me rappelai quand le roi d'Huskipû avait demandé qui voulait aller combattre le Dragon de mer. Je m'étais tout de suite proposé, et le roi m'avait dit un truc du  genre : «Es-tu sûr que tu le peux ? » Et moi, j'ai bêtement répondu : «Yes, 1 can.», et quelqu'un a crié : «Un Anglais ! » et je me suis pris un carreau d'arbalète dans le bras. Le roi m'avait donné une carte avec une croix rouge là où le dragon vivait. Mais  le problème c'est qu'il n'y avait pas de croix rouge par terre, j'avais beau chercher : rien. J'entre dans la grotte, l'appât (une jeune fille fraîchement cueillie du matin qui prétendait être princesse Suzanne fille du roi Hubert) étais attachée à un poteau.
Le dragon surgit de l'eau, je charge le monstre, mais mon épée reste coincée dans une toile d'araignée. Je prends Plastique, ma hache magique et décapite le monstre, je lui prends la tête pour la montrer au roi. Je repartais au château quand je me rendis compte que j'avais oublié mon armure ! Je courus la chercher : trois lieues plus tard : «Mince la fille, bof pas grave.»
Un loup surgit, je le tuai mais ma jument qui s'appelait Ferrari rua et je tombai. Cela faisait trois heures que j'étais coincé par terre à cause de mon armure trop lourde. Un paysan qui passait par là m'aida à me relever.
J'entrai  dans la ville, acclamé par la foule en liesse. On m'acclamait  de toutes parts mais je ne pensais qu'à Anne d'Huskipû : ses yeux vairons, son physique hippopotamesque et difforme, son caractère ombrageux, son profond manque d'esprit, son teint d'un blanc cadavérique, ses lèvres violacées, son haleine fétide, ses cheveux filasses... Bref une princesse de rêve...
J'étais arrivé au château. Je descends de ma Ferrari et je me prends les pieds dans mes étriers, et devant la famille royale, Ferrari part au galop effarouchée et me traîne sur plusieurs trentaines de pieds. Je reviens avec la tête du monstre, tout dégoulinant de fierté et de transpiration, éraflé de toute part, devant le roi, la reine et bien sûr la princesse Anne. Le roi me remet la récompense : mille écus d'or,  et me dit : «veux-tu épouser ma fille . . . »
Tout à coup un garde cria: « On attaque le château ! c'est le roi Hubert, il dit qu'on lui a volé sa fille Suzanne ! » •
« JEHAN! » cria le roi (qui savait très bien de quoi j'étais capable. )
« Oups », dis-je.

Niveau 4ème

sujet 1

1er prix : Corentin BERTRAND - Collège François Mitterrand du Haut-Morvan – Montsauche-les-Setttons

La bataille de la liberté

C'était un matin de 1777, dans un village auvergnat. Je traversais les champs pour atteindre mon village natal CHAVAGNAC. Je commençai à l'apercevoir, à mesure que j'avançais. J'arrivai à la ferme qui se trouvait dans l'arrière-pays. Il ne me restait que mon père, ma mère était morte. Quand je me rapprochai de la ferme, mon cœur se mit à battre très fort car je devais annoncer une nouvelle importante qui allait changer ma vie ! Elle se trouvait à une dizaine de pas maintenant. Je vis mon père s'avancer vers moi.
« Je suis heureux de te revoir, mon fils. Ton absence me rendait triste.
Moi aussi père, je suis heureux d'être de retour. Cependant, je dois vous parler d'une chose qui me tient à cœur.
Parles, je t'écoute.
Il s'agit de mon départ avec La Fayette pour 1'Amérique car la situation là-bas est critique. Je suis sûr d'être plus utile là-bas.
Comment ? Tu ferais honte à ta mère et à ma réputation. Tu sais très bien que le fils d'un  paysan doit reprendre la ferme de son père. Ici à la ferme tu es aussi utile car les récoltes sont très mauvaises cette année.
Oui mais...
Il n'y a pas de mais, tu resteras ici que tu le veuilles ou non !
Tel est le destin d'un fils de paysan ! »

Après cette conversation, mon père décida de m'enfermer dans la grange car il n'avait plus confiance en moi. La grange était remplie de tas de blé et je m'aperçus qu'elle était dotée d'une ouverture. Par là je pourrai m'enfuir mais l'idée de trahir mon père me faisait terriblement mal. Cependant, je devais me dépêcher de prendre une décision car il ne restait qu'une semaine avant le départ du bateau pour l'Amérique.

Je devais me rendre au port du passage en Espagne. Je décidai de partir le soir même. Mon père me surprit au moment où je tentai de m'enfuir.
-«Fils, j'ai compris que tu voulais partir coûte que coûte. Même si je ne suis pas d'accord, cependant c'est ta vie. Si tu ressens le besoin de leur venir en aide, alors pars ! mais je veux que tu me promettes de faire très attention .
- Oui père je vous le promets, ne vous inquiétez pas, je reviendrai dès que je le pourrai. »
Je serrai très fort mon père qui me donna le peu d'argent dont il disposait sur lui pour le voyage. Je quittai la ferme avec une grande émotion. Je me rendis au village pour louer un cheval pour poursuivre ma route vers La Fayette. Il me fallut cinq jours pour arriver au port et comme prévu le 26 Avril 1777, nous embarquâmes à bord de L'Hermione.

  sujet 2
1er prix : El Liamin KARI et Dylan LOPEZ 
Collège Jean Zay – Chalon-sur-Saône

La photo fatale

Un  beau jour du printemps de 1822, alors qu'il  se trouvait seul dans l'atelier de son maître le célèbre inventeur Nicéphore Niepce à Saint-Loup-de-Varennes, son jeune apprenti de 15 ans, Elyan, se décida à explorer les moindres  recoins du laboratoire.
C'est ainsi qu'il finit par découvrir, au fond d'une vieille malle entrouverte, un sténopé qu'il n'avait encore jamais utilisé. Probablement oublié là par Monsieur Niepce depuis qu'il avait inventé des appareils beaucoup plus modernes, le  cube de bois était poussiéreux et semblait hors d'usage.
Elyan, très  intéressé, s'en saisit. Etrangement, l'appareil tremblait et vibrait  dans ses mains. «Incroyable ! Il doit y avoir un automatisme ! Je vais l'essayer tout de suite.»
Elyan  observa  un peu l'atelier, mais il faisait trop sombre  et les clichés n'auraient  pas été réussis. Au contraire,  un soleil radieux brillait dans le jardin de la propriété de son maître. Son regard tomba sur le cerisier en fleurs, magnifique. Il prit quelques sténopés, en respectant les consignes d'utilisation que lui avait enseigné Nicéphore. Il put observer une colombe  perchée sur une des branches et réussit aussi à la fixer sur l'objectif.
Content de lui, il termina de ranger l'atelier, et remis soigneusement l'appareil  là où il l'avait trouvé, au fond de la vieille malle.
Le lendemain, Nicéphore  rentrait de son voyage  à Londres,  où il avait  pu rencontrer quelques membres  de la Royal Academy, et interrogea  son apprenti :  « As-tu fait ton travail ? »
«Bien sûr, monsieur, comme vous me l'avez demandé.», répondit Elyan.
«J'ai laissé ma valise dans le jardin, va la récupérer.»
Elyan sortit pour la rapporter et ce qu'il vit le stupéfia : le cerisier qu'il avait photographié la veille avait perdu toutes ses feuilles et ses fleurs ! Le tronc avait viré au gris, et l'arbre était courbé comme s'il était mort !
Sur le sol gisait la colombe, déplumée, ensanglantée.
Il rentra en courant dans l'atelier, appelant son maitre :
«Que se passe-t-il ? », interrogea  Nicéphore.
«Allez voir par vous-même, maître ! Regardez dehors ! »
Nicéphore  courut vers le jardin, et rentra vite, horrifié :
«Qu'as-tu  fait à mon arbre ? »
«Je n'ai rien fait ! Il était magnifique hier, et voilà qu'aujourd'hui il semble mort ! »
« C'est étrange ! », répondit  Nicéphore tranquillement. « Va te reposer, tu as passé une dure journée.  Reviens demain.»

Le photographe se mit au travail.
Avec son nouvel  appareil, il procéda à plusieurs essais : lumières,  ombres, temps de pose...
Il fit un test sur son chien, Rex. Le labrador  noir le regarda  avec confiance, pendant qu'il prenait les clichés.
Pour vérifier la différence entre ses anciens sténopés et ses clichés  modernes, il retrouva son sténopé préféré dans la malle où il l'avait rangé.
Il repris des clichés de Rex, qui regardait son maître avec amour.
C'était déjà la fin de la journée. Nicéphore rentra chez lui, et Rex s'endormit  dans sa niche.

Le lendemain matin, un cri réveilla Nicéphore en sursaut.
Il se précipita dehors : Elyan, figé de terreur, restait devant le cadavre de Rex. Recroquevillé, les yeux grands ouverts, une terrible expression de souffrance se lisait sur son pauvre museau.
Nicéphore, furieux,  se précipita sur Elyan :
«Qu'as-tu fait ? Hier l'arbre, aujourd'hui le chien. Que se passe-t-il dans cette maison ? » s'écria-t-il, en colère.
«Maître, je n'y  suis pour  rien ! Je me suis  trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, c'est une simple coïncidence.»
«Tu n'es qu'un menteur ! Va, je te renvoie ! »

Elyan  partit en courant : depuis trois années il avait aidé le génial inventeur, et avait beaucoup appris de lui. Il voulait à son tour devenir un célèbre photographe, mais son rêve tombait  en poussière.
Il partit marcher  sur les rives de la Saône, tout en réfléchissant à ce qui venait de se passer :
«Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Est-ce à cause de moi ? Comment  se fait-il que l'arbre, la colombe et le chien soient tous morts ? »
Parvenu à Saint-Marcel, il s'assit sur un banc et essaya de se calmer.
A peine était-il assis qu'une voix l'interpella :
«S'il-vous-plait jeune homme, pouvez-vous vous déplacer ? Je voudrais peindre ce paysage et vous êtes assis au beau milieu du panorama! J'aimerais, vous comprenez, que ma toile soit aussi fidèle à la réalité qu'un sténopé, expliqua le peintre, la palette à la main, la toile pliée sous le bras.
«Excusez-moi », répondit Elyan. Et il se leva du banc, pour continuer sa promenade. Soudain, il s'arrêta. Le mot utilisé par le peintre ne cessait de tourner dans sa tête.
«Et si... ? Mais je dois prévenir Nicéphore ! »
Il se rendit précipitamment chez Nicéphore Niepce, mais ne le trouva pas. Dans l'atelier, il ouvrit la malle d'un coup sec et vit immédiatement que le sténopé avait disparu.
Il partit à la recherche de son maître en courant, se rendant  aux endroits favoris de celui-ci.
Après une course effrénée, il finit par l'apercevoir, assis au bord d'un champ, à Saint­Jean des Vignes. Du haut de cette colline, le point de vue sur Chalon était magnifique.
- «Avez-vous photographié quelqu'un ? » l'interrogea-t-il, essoufflé,  avec anxiété.
- «Non. Pourquoi ? Ne t'ai-je pas renvoyé ?» répondit le photographe, en colère.
- «Avez-vous photographié quelque chose ? »  demanda  à nouveau   Elyan avec insistance.
- «Eh bien, non, pas que je me souvienne. Pourquoi tant d'inquiétude ? »
Elyan s'assit au pied d'un arbre, soulagé.
«Au fait si, jai pris un cliché », reprit Nicéphore.
«Quoi ! ? Qu'avez vous photographié ? », s'écria Elyan, bouleversé.
« La ville... », répondit Nicéphore.

 

Niveau 3ème

 

  Sujet 1

1er prix : Diane OMER – Collège Victor Hugo - Tarbes

Dans l’honneur et pour la France

  Mon cher frère,
 Voilà maintenant plusieurs semaines que tu es parti au front, et ces quelques jours me paraissent déjà des mois. Dis-moi donc comment tu vas, là-bas, au loin, au fond de ta tranchée ! On entend tellement de choses sur vous, et tu nous en dis si peu ! Etes-vous donc si occupés pour ne pouvoir rassurer votre famille ? Ecris-moi, écris-nous, dis-nous ce qui se passe là-bas, raconte nous tout. J’ai hâte que tu me dises ce que tu penses de ta « nouvelle vie », qui je l’espère ne durera pas bien longtemps.
 Nous en savons un peu par les journaux que nous pouvons récupérer chaque jour grâce à M. l’instituteur ou à tous ceux aux villages qui ont le temps et l’argent de l’acheter chaque matin… On dit que vous vivez bien, dans vos tranchées, que vous n’êtes que bien rarement mis en danger ; que les allemands n’ont que de faibles armes face aux nôtres si puissantes ; que vous vivez dans des abris chauffés et assez confortables. Je l’espère pour toi, car ici il ne fait pas bien beau. Les longues journées d’été que nous passions à courir sans fin dans les champs semblent appartenir à un lointain passé. J’en viens même à me demander parfois si tout cela a réellement existé… Depuis le début de la guerre, tout est tellement différent !
 Il ne reste pas beaucoup de monde ici. Dans la majorité des familles, les pères et les fils ont été mobilisés tout comme tu l’as été ; le village n’a plus pour population que nous, les femmes, et les filles, nous qui devons désormais travailler comme vous êtes les seuls à savoir le faire. J’ai un peu peur à vrai dire, car la froide saison promet d’être fort rude ; la belle n’était déjà pas bien facile… Nous n’avons pas votre efficacité, et il nous est difficile de subvenir à nos besoins. Mais nous nous consolons en nous disant que si nous faisons tout ça, c’est pour la bonne cause, pour que vous puissiez combattre, et repousser nos ennemis bien plus loin qu’ils ne l’ont jamais été.
 J’espère quand même que cette guerre ne durera pas trop longtemps, et nous l’espérons tous ici, car nous avons tous une bien bonne raison de le vouloir. Certains, comme moi, simplement pour revoir les gens qui sont chers à leur cœur, mais il y en a d’autres qui ont encore d’autres raisons…
 Le petit garçon de Mme Simon, par exemple, est tombé malade, mais elle n’a pas assez d’argent pour le faire soigner, depuis qu’elle doit travailler et s’occuper de lui en même temps, et les créanciers semblent devenir chaque jour plus nombreux devant sa porte. Chacun espère que bientôt, son père reviendra, et qu’alors il trouvera un moyen de lui payer un médecin, que celui-ci calmera les crises de délire qui le prennent parfois dans la nuit, lorsqu’on entend d’un bout à l’autre du village ses cris qui nous serrent tous le cœur. Je prie chaque soir pour qu’il ne meure pas, car c’est vraiment un adorable enfant, le petit ange de notre village… Je l’aime beaucoup, et je ne veux pas qu’il lui arrive le moindre mal, tout comme je t’aime et comme j’ai peur pour toi, encore plus même pour toi qui es mon frère à vrai dire. Je suis confiante et te sais fort, mais qui sait réellement si tu es en bonne santé ? Prends soin de toi, et fais en sorte de bien te porter à ton retour.
 J’ai demandé à maman s’il était possible de t’envoyer un colis, avec les gâteaux au miel que tu aimes tant, et tant d’autres choses qui te feraient plaisir et sauraient te rappeler la douceur et la chaleur de la maison. Elle a refusé, non sans en paraître très désolée ; les temps sont rudes pour nous et je vois bien que sa santé est fragile ; j’ai peur du jour où cela l’empêchera de travailler… Ne nous en veux pas, donc, de ne pas pouvoir t’envoyer de petits cadeaux comme tu en aimerais sûrement tant. Je te promets que dès que je verrai qu’elle sera en meilleure santé, et que nous aurons un peu plus de temps, je me chargerai de tout cela, car je me doute bien que tu dois avoir aussi besoin de réconfort !
 En attendant cela, mon cher frère, je suis impatiente de pouvoir avoir une lettre de toi, enfin, et des nouvelles qui, je l’espère, seront bonnes. Je pense que tu auras bientôt le temps de m’écrire, et j’espère que je pourrai te savoir en bonne santé bientôt.
 Ta sœur qui t’aime…

  Mon cher frère,
 Me voilà donc obligée de reprendre cette lettre, ma première et finalement dernière lettre à toi, et de la terminer. Je n’ai même pas eu le temps de la poster. Je voulais ce matin sortir pour la poster, je te l’assure, mais…
 A peine ai-je ouvert la porte, que je me suis retrouvée nez à nez avec M. le maire… Etonnée par son air grave et presque désespéré, je l’ai laissé entrer sans dire un mot. J’ai ensuite fait mine de monter dans ma chambre, mais suis restée non loin de la cuisine où maman s’affairait encore à préparer le repas. Il y est entré ; son pas lourd faisait ressortir le poids de son âge. Je ne sais pas exactement ce qu’il lui a dit mais… L’essentiel, j’en ai bien peur, était tout à fait perceptible.
 … Désolé… Appris… Très peu de temps… Mort de votre fils.
 Elle s’est effondrée. Lui parlait encore, le regard pâle et vide, récitant un texte fort bien appris par cœur ; on sentait bien qu’il regrettait d’avoir à accomplir cette tâche. J’ai couru vers elle, les larmes aux yeux.
 D’après ce qu’on m’a dit, il est mort rapidement et sans souffrance. Il a eu beaucoup de courage. C’était un brave jeune homme ; il est mort dans l’honneur et pour la France, continuait-il.
 J’essayais tant bien que mal de la consoler, ou alors était-ce tout simplement moi que je voulais rassurer ? Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c’est qu’elle n’a pas réussi à se calmer. Elle était comme en proie à un délire, une folie désespérée… Tu la connais bien. Toi seul, en temps normal, sais la consoler, la rassurer, comme tu as pu le faire au départ de Papa. Mais en revanche, qui sait la consoler de toi ?
 J’aimerais tellement savoir, j’aimerais tellement pouvoir y répondre, vois-tu, mais il faut bien se rendre à l’évidence, il reste bien trop de questions auxquelles je ne pourrai apporter de réponse. Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment toi, si grand, si fort, as-tu pu te laisser abattre par une de ces armes dont nous ne savons rien sinon qu’on les dit impuissantes face à nos soldats ? As-tu seulement pensé à nous, en respirant de ton dernier souffle ? Et comment, oh oui comment allons-nous vivre sans toi ? Cette dernière question, vois-tu, doit être une des seules auxquelles tu ne peux ni ne pourras répondre avant moi.
 Combien, oh oui combien aurais-je donné pour que tu reviennes un jour ! Malheureusement ce sont des marchés qui ne s’envisagent pas, et me voilà donc séparée de toi à tout jamais. Que tu sois mort dans l’honneur ou dans la lâcheté, pour la France ou pour l’Ennemi, après tout, où est l’importance ? La mort ne distingue pas, elle, ceux qui méritaient de la rejoindre ou pas. Inexorablement, elle vous amène, loin de la vie, loin des autres, loin de ceux qui voudraient que vous restiez. Inexorablement, elle vous emporte en semant autour d’elle malheur et tristesse. Inexorablement, elle vous sépare de là où vous étiez pour vous emmener vers un ailleurs.
 Mais j’espère que, d’où que tu sois, tu pourras au moins recevoir tout mon amour, dernier cadeau que je puisse te faire de là où je suis restée.
 Ta sœur, à qui tu manques et à qui tu manqueras pour le restant de ses jours.
  Aurore

Niveau Seconde

 Thème Libre – Texte du calligramme; le calligramme se trouve après le texte

1er prix : Eléonore BOULARD – Lycée militaire – Autun


J'ai pris la feuille et j'ai lu : thème libre. Libre ? Fallait-il encore que je garde mon équilibre, et que j'écrive des vers sous la forme d'un calligramme. Mais où trouver donc inspiration dans la modeste âme qui loge dans ma demeure écarlate où s'emmêlent encore les mots et les phrases que je souhaiterais parfaire de rime en or. Oh ! Quel calvaire que de ne pouvoir former l'histoire qui s'amuse dans mes songes jusqu'à s'enfermer dans mon tiroir ! Et me voilà à jeun, sans inspiration. Quel sujet s'accommoderait-il ici ? Amour ? Les refrains ne sont point dans mes habitudes, mon ami. Mort ? La tristesse viendrait-elle troubler ce sobre poème ? Non ! Comment pourrai-je permettre au blasphème de maculer des phrases qui les aviliraient d'une calomnie ? On m'a dit aussi, de m'inspirer des bonheurs de la vie. Mais quels sont-ils ? Aidez moi, Ô Être de l'écriture, à puiser la richesse de l'imagination qui trouble mes déchirures ! Ah, Dieu ! Je suis seul dans le néant des histoires irréelles. J'ai cherché, j'ai cherché la lumière droite éternelle. Si seulement j'avais trouvé, j'aurais rédigé la  magnificence sans user de vanité ;  toutefois la joliesse de la bienveillance manque à ma dextérité. Alors pourquoi continuer à prendre Plume sous sa force trop puissante qui me fait apprendre le maniériste à travers l'encre et la feuille passionnante ?
 Les mots sont dans ma tête et, dans mon esprit, se mélangent mais ne s'assemblent. Je vous vois bien, correcteur dans mes songes : «Mais où est donc le calligramme, je ne le vois ici ! Il n'y a aucun art dans cette poésie, vous serez puni ! » Châtiez-moi pour mon incompétence alors, si vous le pensez, infligez-moi diffamation, mais évitez de flétrir mes idées. Après tout, c'est vrai, je ne respecte point le thème. Il était dit : calligramme et non simple poème. Oui, oui, vous avez raison, je suis bel et bien en tort. Et comment nommer cette fausse ballade qui distord ce sujet libre ? Mes concurrents sauront faire preuve d'invention, alors que moi, je vous écris de sobres phrases sans imagination. C'est vrai, je suis sans penser, je devine votre contrariété. Pourtant, je suis allée loin dans le monde pour historier, mais seul le grand vide est venu à la rencontre de  mes songes. Savez-vous, on m'a dit que la véritable inspiration ne pouvait être mensonge. Mensonge ? Je vous avoue ne pas avoir bien compris le sens, puis on m'a expliqué qu’elle était omniprésente lors de son absence. C'est en ces instants qu'elle est d'une richesse légendaire et si dispendieuse qu'il faut alors la préserver loin dans son intelligence la plus mystérieuse. Cette inspiration, c'est celle qui vient lorsqu'on passe le balai, c'est celle qui vient lorsqu'on fait ses lacets, c'est celle qui nous mord d'un irrésistible désir d'écrire.
Et, ici je ne saurais vous dire si ces phrases à lire sont celles de la mystique inspiration que nous vantons beaucoup. Ou alors est-ce donc l'imagination trop vague qui se joue de nous ? Mais dites-moi, vous qui lisez ces vers sans véritable rime, ne vous demandez-vous pas quand vous verrez le thème magnanime ? Ah ! Mais je vous vois déjà les yeux qui s'endorment sur mon récit, vous avez raison, ce poème est monotone et imprécis, je me garde d'ailleurs d'enfreindre davantage les règles édictées. Certes, il n'y a pas de strophe, ni d'alexandrin, encore moins de sonorité. Que voulez-vous ? Je ne suis pas écrivain, je ne suis pas Victor Hugo, Baudelaire, Lamartine, Verlaine, Voltaire, Rimbaud ! Je suis fille sans orgueil, modeste mais droite qui se joue de votre thème «libre» maladroit. Non, ne vous offensez pas par ce mot qui m'est venu, je parle de la maladresse qui hante mes mots mis à nu.
 Tenez, je ris en ce moment du calligramme qui me vient à l'esprit : un beau et grand signe de ponctuation, c'est le dessin qui m’a prise !