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6e – Sujet 1, Anna EL MOKHTARI du collège Centre – Le Creusot - 1er prix

Ulysse

Il faut que je vous raconte quelque chose d’incroyable qui m’est arrivé la semaine dernière. Je suis une fille de douze ans. Ma mère et mon père sont scientifiques dans un des laboratoires de Recherches Technologiques Avancées (RTA) à Paris. Récemment, dans le minuscule laboratoire de notre maison, j’ai découvert une chose stupéfiante : dans le total secret, ils avaient créé… une machine pour ramener les morts à la vie ! Curieuse, j’ai décidé de m’introduire en cachette dans leur laboratoire de la maison. Je me suis glissée par la fenêtre qui donnait sur le jardin et j’ai observé cette machine, émerveillée et fascinée. Soudain, une pensée a traversé ma tête : et si j’essayais de l’utiliser ? À ce moment là, je n’avais pas l’idée des effets de cette machine… Je me suis rapprochée. J’ai tourné autour d’elle, cherchant un éventuel bouton pour appuyer dessus. Cette machine était étrange : elle faisait deux mètres de haut. Elle était grise et lisse sur toute sa hauteur et sa largeur. Quand je suis arrivée à la moitié, j’ai enfin vu quelque chose d’intéressant : il y avait un clavier d’ordinateur, mais avec seulement des lettres et la touche « entrée ». Devant ce clavier, un peu plus haut, il y avait un petit écran. Sans m’en rendre compte, j’ai lu à haute voix sur l’écran : « Veuillez écrire le nom de la personne que vous souhaitez ressusciter. » J’allais taper le nom de ma grand-mère défunte, quand tout à coup, j’ai été prise d’un fou-rire incontrôlable et une pensée m’est venue : mais qu’est-ce que j’avais cru ? Que ça allait marcher ? C’était inimaginable ! Toujours en riant à gorge déployée, j’ai tapé le premier prénom qui m’est venu : ULYSSE. J’ai appuyé sur la touche « entrée ». Tout d’un coup, mon sourire s’est effacé et je me suis brusquement écartée du clavier : la machine infernale vrombissait, comme si elle était furieuse contre moi, et de la vapeur sortait de nulle part ! Puis soudain, tout a explosé ! Heureusement, je me suis jetée à terre à temps, et l’explosion ne m’a pas atteinte. Quelques secondes plus tard j’ai ouvert les yeux, et à ce moment là, j’ai été ébahie. Devant moi, au milieu des débris, s’est dressé un étrange homme : il était vêtu d’une tunique rouge qui descendait à mi-cuisses, avec le bas brodé de motifs grecs, surmonté d’une cuirasse en or, d’un casque en étain, et de sandales en cuir montant jusqu’aux genoux. Dan ses yeux verts et profonds brillait une lueur de malice et de défi. Hébétée, j’ai bégayé : « Mais… mais qui êtes-vous ?

- Je suis Ulysse, roi d’Ithaque, fils de Laërte et d’Anticlée !

- Ulysse ? ! L’… l’homme qui a participé à la guerre de Troie ?

- Oui, c’est bien moi. Dis-moi, toi qui m’a appelé, que veux-tu ?

- Je… je ne sais plus » lui ai-je répondu bêtement.

- « Alors je retourne à mon devoir… Je repars à Ithaque, car je reviens de la guerre de Troie.

- Super ! Je peux venir avec vous ? La vie ici est si ennuyeuse… et en plus, une virée en bateau ne me ferait pas de mal !

- J’ignore ce que veux dire le mot « super », mais je veux bien t’emmener. Seulement, ne déballe pas tout sur le bateau et ne vole pas de la nourriture en cachette ! Sinon… »

Peu à peu j’ai senti l’excitation me gagner. Moi qui n’étais jamais montée sur un bateau, je réalisais enfin ce rêve ! Seulement, je ne me doutais pas que cette « croisière en bateau » était une partie de l’Odyssée… et que nous allions nous diriger droit sur l’île des Lotophages, en Libye !

« Donne-moi la main, jeune fille. Nous atterrirons directement sur mon bateau. Je pense que tu n’auras pas à supporter longtemps la mer, car au moment où j’ai quitté mon bateau pour être appelé ici, nous arrivions en vue de terres. Nous manquons cruellement de vivres, et nous devons nous arrêter sur ces terres pour en faire le plein. Après, nous repartirons en direction d’Ithaque. D’ailleurs, seuls les Dieux du Mont Olympe savent pourquoi notre route a été déviée par des mers déferlantes…

- D’accord ! » ai-je dit avec enthousiasme.

J’ai obéi et j’ai pris sa main dure et poilue. Aussitôt je me suis retrouvée sur le bateau d’Ulysse. Les marins avaient déjà lâché l’ancre dans la mer salée. Nous nous sommes installés dans une des chaloupes, et en dix minutes, nous avons abordé une des passerelles du port. Environ cinq hommes à la mode libyenne dans la mythologie grecque nous ont accueilli. Ils nous ont amené au village le plus proche. Je suis restée tout le temps à côté d’Ulysse, car ces Libyens, étrangement, me faisaient peur. Le village était composé de cahutes et d’autres maisons étranges. Un peu partout, on voyait des mares de lotus. J’ai été étonnée en voyant toutes ces maisons, tous ces champs de lotus, car ils me rappelaient vaguement un travail en histoire-géographie…

Ulysse a parlé un moment avec les habitants, puis s’est tourné vers moi, et nous avons repris la discussion :

- « Au fait, comment t’appelles-tu ?

- Je m’appelle Anaïs, mais je ne peux pas vous dire mon nom de famille, car mes parents ne veulent pas que je le dise à des inconnus.

- D’accord, enchanté de faire ta connaissance, Anaïs.

- Ulysse, vous n’avez-pas par hasard un fils nommé Télémaque ?

- Oui, pourquoi ? D’ailleurs, comment le connais-tu ? Est-ce un de tes amis ?

- Non, non, mais nous l’avons étudié en cours d’histoire-géo… »

Ulysse n’a pas emblé comprendre vraiment ce que je lui ai dit, car il m’a lancé un regard interrogateur. Je lui ai répondu par un haussement d’épaules.

Ensuite, il est reparti auprès des autres membres de son équipage. J’ai été prise en charge par un autre Libyen, un des dix hommes que j’ai aperçu au port quelques minutes plus tôt. Il m’a emmenée dans une de leurs cahutes. Je me suis assise, avec sa permission, sur ce qui devait être un tabouret. Comme j’ai eu faim, il m’a apporté une plante que j’ai reconnue tout de suite : du lotus ! Soudain, mon esprit s’est dégagé peu à peu : mais oui, les Libyens de la mythologie grecque qui mangeaient des lotus étaient des Lotophages ! Et le lotus faisait perdre la mémoire ! Vite, j’ai lâché le lotus que je m’apprêtais à porter à ma bouche, j’ai fermé les yeux, et j’ai crié le plus fort possible. Quand je les ai rouverts, le Libyen était toujours là et il essayait de me faire avaler le lotus ! Je me suis débattue un moment, et j’ai finalement réussi à lui infliger un coup de poing dans la lèvre. Il s’est écarté brusquement, une main sur sa lèvre ouverte. J’en ai profité pour refermer les yeux, espérant que ça marcherait…

Ouf, j’ai eu chaud ! J’étais enfin chez moi ! Ce Libyen a forcément manigancé quelque chose de diabolique au moment où la chaloupe a accosté au petit port ! Je me suis calmée au bout de deux minutes. J’ai pensé qu’il fallait que je prévienne Ulysse, car lui ne devait pas savoir que les lotus faisaient perdre la mémoire !

Finalement, je me suis levée, je suis sortie par la fenêtre du jardin en catimini, je suis allée dans ma chambre et j’ai cherché le roman que je voulais dans ma bibliothèque : L’Odyssée. Quand je l’ai trouvé coincé au fond de mon étagère à livres, je l’ai ouvert et j’ai feuilleté le sommaire à la recherche du chapitre où Ulysse rencontre les Lotophages. Alors… L’île au Cyclope…L’île des Sirènes… Ah ! L’île des Lotophages- page 302. Je suis allée à la page 302 et je me suis plongée dans la lecture de tout le chapitre entier, et quand j’ai refermé le livre avec un claquement sec et levé les yeux du livre, un sourire a illuminé mon visage : Ulysse allait s’en sortir indemne ! J’ai regardé lé visage d’Ulysse sur la couverture. Soudain, il m’a fait un clin d’œil ! Je lui ai rendu un magnifique sourire, maintenant convaincue que tout ça n’avait pas été un rêve…

 

6e – Sujet 1, Julie VADROT et Maèlla MEOLI du collège Jean-Arnolet – Saint-Saulge - 2e prix

Mia ou Mon Incroyable Amour

Un matin parmi tant d'autres, je marchais à travers l'épaisse forêt qui entourait ma maison. Je me dirigeais vers le chemin de l'école, les feuilles dansaient, le vent chantait, le soleil brillait… Quand soudain, je vis Po, le panda, descendre d’un arbre, il me proposa un cours de kung-fu (personnellement, je sais très bien faire la posture du dragon). Puis Po repartit comme il était venu (nan, c'est pas vrai).

Bon reprenons, sur le chemin de l'école, les feuilles dansaient, le vent chantait, le soleil brillait…Tout à coup, je sentis quelque chose me mordiller les fesses.

J’ai hurlé - « Haaa »

Je me suis retournée, mais je ne vis rien. Alors j’ai continué ma route. Quelques pas plus loin, j'entendis un petit couinement et je découvris un petit chien tout blanc qui me regardait comme l'air de dire (Ben quoi, j’ai un point sur la truffe ?)

Je l’ai trouvé tellement mignon que je décidai de l'adopter (je ne pense pas que maman sera très contente)

Alors je poursuivais ma route, un petit chien blanc à mes côtés (Ah ! Au fait, il s'appelle Idéfix). Alors je marchais avec ldéfix à mes côtés, quand j'entendis un bruit assourdissant. Je vis un tout petit point noir au loin, qui s'agrandissait, s'agrandissait encore. J'aperçus bientôt un kart, il y avaitHo Mario (il est tellement beau).

Mais bon revenons, j'ai rencontré Mario, et j’ai eu le privilège de faire un tour de kart en VIP.

 

Encore quelques pas plus loin, j’ai fait la connaissance d'une princesse, devinez qui ? Blanche-Neige.

Elle est tellement belle et elle sent la pomme (Mmm). Elle me regarda un long moment , puis elle me donna une Royal Gala avant de repartir. Au début j’ai hésité à la manger (tout le monde connaît l’histoire de Blanche-Neige : la sorcière l’empoisonne, et patati et patata) car même si Blanche-Neige est gentille, je ne préfère pas prendre de risques !

Vous ne savez pas, mais Maman m'a souvent raconté des histoires, ma préférée est celle de Hercule, ce vaillant homme avec son fidèle Pégase ! « Oh, une étoile filante ! En pleine journée ? Mais non, c'est un cheval ! Un cheval qui vole ? Oh, c'est Pégase, et sur son dos il y a Hercule ! » Il se posa devant moi et descendit de son cheval, il cueillit une fleur et me l’offrit ! Il me montra ses biscotos (l'espère que ce n'est pas comme ça qu’il a charmé Mégara) mais moi, j'ai déjà quelqu’un…

 

« Ohé Mia, réveille toi, on est en classe, ce n’est pas l’heure de la sieste ! »

 

Au fait, mon vrai héros, c’est Thomas, le plus beau garçon de toute l’école ! Lui, si un jour il m’offre une fleur, vous pouvez être sûr que je ne la refuserai pas !

 

6e – sujet 2 Mélusine GUILLEMENET du collège Jean Vilar – Chalon-sur-Saône

L’objet magique

Il était une fois, dans les fouilles archéologiques de Pompéi, travaillait un homme : William, accompagné de ses deux enfants : Peter et Lucy. William était archéologue et se trouvait en ce moment sur les fouilles archéologiques de Pompéi. Son fils, Peter était âgé de 13 ans et Lucy de 6 ans. Les deux enfants étaient très courageux et suivaient leur père quand ils étaient en vacances pendant que leur mère restait à la maison.

Un jour, les deux enfants, qui aidaient leur père, voulurent aller jouer un peu plus loin. Ils allèrent dans les ruines d'une maison. Il faisait chaud et les cheveux clairs de Peter volaient au vent. Il était aveuglé par le soleil, heureusement sa petite sœur qui lui donnait la main l’entraînait vers la ruine. Là bas se trouvaient 2 chercheurs qui étaient aussi les amis de leur père.

« Bonjour ! dit le garçon. « Pouvons-nous jouer ici ?  

Oui bien sûr ! Nous avons terminé nos recherches.

Merci »

Les chercheurs précisèrent également qu'ils n’avaient trouvé que quelques assiettes et deux pièces de monnaie. Ils n'allaient donc pas y retourner.

Peter pris le ballon qu'il avait emmené et fit des passes à Lucy. La ruine dans laquelle ils étaient était toute détruite et en mauvais état, en plus le sol était très poussiéreux. Au bout de quelques instants Lucy lança tellement fort que la balle atterrit dans un tas de pierres. Son frère la félicita d’avoir lancé aussi fort et Lucy rougit, un petit sourire aux lèvres. Son frère alla chercher le ballon et aperçut un morceau d'objet scintillant dans le tas. Il voulut le prendre mais le gros bloc de pierre qui le recouvrait était trop lourd pour lui. Sa sœur qui s’était rapprochée lui proposa d’appeler leur père. Peter accepta et tous les deux allèrent le voir. Arrivés là bas ils virent leur père qui était occupé à examiner une poterie. Ils lui demandèrent s’il pouvait les aider à enlever les pierres sur l’objet qui brillait. Mais voilà sa réponse :

« Un objet ! Sous un tas de pierres ! Mais les enfants on a fouillé là bas ! Il n’y a plus rien !

Les enfants insistèrent :

« Mais papa ! On est sûrs d’avoir vu quelque chose

« On verra demain… » répondit-il.

Les enfants, déçus, retournèrent dans leur tente au campement.

« À ton avis » dit Lucy « c’est quoi cet objet ? »

« Aucune idée, mais peut-être que ce livre nous apprendra des choses » lui répondit-il en montrant le livre. « C’est papa qui me l’a donné. »

Le livre était abîmé ; sur la couverture il y avait écrit « Les objets magiques ». C’était son père qui l’avait trouvé mais ne le considérait d’aucune utilité. À l'intérieur on parlait d'objets extraordinaires et magiques que les gens avaient laissé avant l'éruption du Vésuve. À la fin il était inscrit qu’aucun objet comme ceux là n’avaient été retrouvés car ils avaient probablement été détruits lors de la catastrophe. Le soleil commençait à se coucher et Peter lisait le livre. Sa sœur jouait et lui demandait sans cesse :

« Est-ce que papa va bientôt arriver ? »

Et il répondit : « Je ne sais pas. Il ne devrait pas tarder. »

L'heure de se coucher fut venue et Peter et Lucy allèrent dormir. Mais avant tout il fallait que Peter termine le livre. Tard le soir le garçon termina enfin le livre et réveilla sa sœur qui dormait.

« Qui a-t-il ? » demanda-t-elle

« J’ai enfin fini le livre ! »

- Formidable, mais alors c’est quoi l’objet que l'on a vu ? »

- Mais je n'en n'ai aucune idée. Le livre dit que les objets décrits dans le livre ont peut-être été détruits pendant l’éruption, mais il y a deux objets qui lui ressemblent : un tableau et un miroir.. On cherchera demain Peter » dit-elle en baillant. « Moi, je suis épuisée. » »

« Oui on cherchera demain. » se dit-il à lui même.

Le lendemain à l'aube, les deux enfants furent réveillés par le bruit de la pluie. Aussitôt levés les enfants déjeunèrent dans leur tente emmitouflés dans leur couverture puis ils s’habillèrent, se préparèrent pour enfin aller demander à leur père de les aider à retirer l'objet. Quand ils sortirent la pluie tombait toujours. Ils traversèrent de grosses flaques de boue avant d'arriver à destination. Ils virent leur père. La ruine dans laquelle il était était humide et la belle natte que Lucy s'était faite commençait à se défaire. Ils lui demandèrent de l'aide et il répondit qu'il allait revenir plus tard dans la matinée.

Toute la matinée les enfants attendirent leur père et enfin il arriva.

« Alors où est cet objet ?

Il est là !!! » lui dit Lucy en le pointant du doigt.

Il mit du temps avant de le voir car l'objet était trop petit.

« Incroyable !!!» s’écria leur père. « Sans vous personne n’allait le voir ! Bon, essayons de le décoincer. »

William pris la première pierre et arriva à l'enlever mais ça se compliquait... Les pierres étaient de plus en plus lourdes. Il décida donc d'appeler ses collègues. Au bout de cinq minutes ils arrivèrent. Ils se mirent à enlever la roche. Les gros blocs furent ôtés et on pouvait découvrir l’objet… C’était un miroir.

«  Ce miroir est magnifique !! En plus il est intact !! Tenez les enfants c’est votre découverte. »

Les enfants le remercièrent et allèrent au campement pour le nettoyer. L’après-midi Peter inspecta le miroir, il ressemblait étrangement à celui du livre. Il était doré et orné de spirales et de fleurs. Il le fit remarquer à sa sœur qui était du même avis. Lucy nettoyait le miroir qui était de plus en plus beau et étincelant.

« Si c’est le miroir du livre, quel est son pouvoir ?

Je ne sais pas…la page est trop abîmée… Je n’arrive pas à le lire. »

Peter se regarda dans le miroir et vit son reflet mais au bout de quelques secondes il aperçut des gens autour de lui. Ils étaient habillés d’une drôle de façon et la maison dans laquelle ils étaient ne ressemblait pas à celles d'aujourd'hui. De plus, il vit un grand théâtre devant se trouvait un marché. Les murs des habitations étaient ornés de fresques. Sur le marché les habitants se bousculaient pour acheter des fruits ou des légumes. On était le 24 août de l’an 79. Il faisait chaud et le soleil brillait dans le ciel. Il y avait de grandes et belles statues qui se tenaient devant les hauts bâtiments et on pouvait apercevoir le Vésuve. Il était calme. Tout à coup on entendit une explosion et le ciel s'assombrit. Les habitants ne comprenant pas ce qu'il se passait s’affolaient et couraient de partout. Ils allaient se réfugier dans leur maison, les enfants étaient dans les bras de leur mère. Des flammes s'échappaient du volcan pour retomber sur Pompéi, les enfants pleuraient. Au bout de quelques instants le Vésuve se tut, les gros nuages noirs se dispersèrent et le soleil apparut une nouvelle fois sur la ville recouverte de cendre.

Peter venait d’assister à l'éruption du Vésuve. Il comprit alors que ce qu'il voyait était la civilisation de Pompéi à la période de l'éruption. Peter secoua la tète et dit à Lucy qu'il avait trouvé le secret du miroir. Au début sa sœur ne le crut pas, mais après avoir essayé elle était convaincue. Ils partirent vers leur père pour le prévenir et pour le convaincre que c’était bien réel. Ils lui montrèrent et William était étonné du pouvoir de l'objet. Il alla prévenir tout le monde pour leur annoncer la nouvelle.

À partir de ce jour tous les mystères de cette ville furent levés car le miroir pouvait tout nous dévoiler…

 

5e – sujet 1 Apolline SEVELINGE du collège Pierre-Paul Prud’hon - Cluny

Journal d’Adelina, servante du duc et de la duchesse de Bourgogne

Jeudi 18 mai, au château de Birbrac

Dans la vie, si je pouvais faire mon portrait comme j’aimerais qu’il soit, ce serait :

Inès de Castilho, duchesse de Bourgogne,

longs cheveux blonds ondulés, corps de rêve,

mains de velours, visage de princesse au teint de lys.

 

Mais dans la réalité, cela donne plutôt :

Adelina… tout court,

cheveux bruns mi-longs, raides comme des lances des gardes,

corps de paysanne, mains sèches et abîmées par le travail,

visage de fille (de garçon manqué) de quatorze ans.

 

Voilà, ma vie n’est pas parfaite du tout, mais je trouve que j’ai beaucoup de chance quand même. Je pourrais être une paysanne qui cultive la terre à longueur de journée, mais moi, mon métier, c’est de servir mes maîtres : le duc et la duchesse de Bourgogne. Plus précisément de l’aider (je sers surtout la duchesse) dans sa journée : l’habiller, lui préparer ses repas, lui remplir son bain… Au moins je ne suis pas dehors dans le froid ou la chaleur insupportable d’été. Je sais aussi lire et écrire. Mon grand frère était clerc dans la chapelle du château, où il écrivait des manuscrits. Pendant nos temps libres, il a eu la patience de m’apprendre les subtilités de la lecture et de l’écriture. Mais il est mort il y a deux ans d’une maladie.

Oh non, je n’ai pas présenté mon autre frère, Adelino. On s’entend toujours bien. Alors voilà :

Adelino tout court,

cheveux bruns, courts, corps de paysan,

mains sèches et abîmées par le travail, visage de garçon de quatorze ans.

Nous nous ressemblons comme deux gouttes d’eau car nous sommes jumeaux. On a de la chance car beaucoup d’entre nous meurent à la naissance.

 

Vu que le soleil commence à se lever, je dirais qu’il est environ 6 h. du matin, ce qui signifie que je dois aller manger. Contrairement au reste de la famille, j’emporte un en-cas (un morceau de pain) dans mon sac de toile car je le mangerai en chemin. Une fois sortie de la maison, je respire l’air bien frais et je me dirige vers la porte protégée par les gardes. À leur tête, je devine qu’ils préféreraient être sur leurs paillasses ! Je leur propose un peu de pain en les saluant, ce qu’ils acceptent volontiers, et ils me laissent passer. Je sers la reine depuis mes dix ans donc je connais le château comme ma poche ! Je monte d’abord un escalier de pierre puis je passe une lourde porte de bois et grimpe un autre escalier, mais cette fois-ci en bois avec une rampe sculptée. Après avoir parcouru un long couloir, j’arrive devant les appartements de la reine. J’entre après avoir frappé. Plusieurs servantes sont déjà là. Dans un lit à baldaquin, la duchesse dort paisiblement, sa couverture brodée d’or sur elle. Je me dirige vers une armoire en ébène, et ouvre délicatement les portes. Comme chaque matin, je suis émerveillée par ces robes dignes de contes, agrémentées de dentelles, de rubans de toutes les couleurs. En dessous se trouvent les coiffes, ornées parfois d’un voile. Puis les souliers, décorés de nœuds d’or, de boucles, de rubans. Notre rôle consiste à habiller ma maîtresse et à la coiffer.

Mais d’abord, nous devons la réveiller. C’est le moment que j’aime le moins car parfois notre duchesse est de mauvaise humeur au réveil et nous n’aimons pas la voir contrariée. Autour de moi, s’affairent Jeanna, Emma et Isaut. Nous avons environ le même âge, mais je crois qu’Emma est la plus âgée. Isaut sort sa flûte en bois de son sac et commence à jouer. C’est sa mère qui lui a appris, elle a de la chance, c’est la seule personne que je connaisse qui joue d’un instrument de musique. Voilà qu’elle commence à jouer, tout doucement, comme si une brise emportait les notes et les dispersait. La reine se retourne et ouvre les yeux, elle est magnifique. Elle s’assoit sur son lit en baillant. Puis elle se lève, elle porte une chemisette de nuit en dentelle teintée de rouge et d’or. Je m’empresse d’allumer une bougie pour éclairer la pièce. Je sors une robe bleue de l’armoire ainsi qu’un jupon, des bas, un voile et des souliers. La reine s’installe sur le siège de sa coiffeuse et Jeanna sort d’un tiroir une brosse et des broches. Je sais qu’elle s’occupera de ses cheveux et de sa tenue pendant au moins deux heures.

Mais je n’y assiste pas car je dois me rendre en cuisine où les cuisiniers préparent le premier repas de la journée. Je vais souvent l’aider à organiser la nourriture sur des plateaux d’argent car Pierre, le cuisinier, trouve que j’ai un certain sens de la décoration. Après deux heures (comme je l’avais prévu), notre reine sonne une cloche, ce qui signifie que le repas doit être servi dans sa chambre. Elle demande à ce que je reste pendant le repas car je suis en quelque sorte sa confidente. Je n’ai jamais trahi aucun de ses secrets. Pendant que la reine me parle, je brode un mouchoir avec ses initiales. Puis j’en fais un pour ma mère car le sien est en lambeaux. Ensuite la duchesse me demande de sortir avec elle pour se promener. Elle me le demande souvent car elle adore la nature et les jardins du palais. Nous marchons pendant une heure et j’entends quelqu’un crier mon nom. Je me retourne vivement. C’est Adelino qui court dans ma direction. Mais il s’arrête d’un coup, il vient de voir que je suis avec la duchesse. Il bafouille quelque chose et commence à partir au moment où la duchesse me dit qu’elle continuera toute seule et que je peux voir mon frère quelques instants.

Je la remercie et rattrape Adelino. Il me parle d’un concours, je ne vois pas de quoi il parle… Mais oui, son concours pour devenir l’apprenti du magicien de la reine : le grand Merlin l’Enchanteur !! Comment ai-je pu oublier ! En plus c’est cet après-midi ! Il me dit qu’il a peur et qu’il ne va pas réussir. Comment peut-il dire cela ? C’est sa chance de sortir de cette vie de basse condition. Il pourra peut-être devenir riche et être demandé par tous les seigneurs !! En plus, cela fait des mois qu’il s’entraîne. Il me remercie et repart vers la maison. Je rentre dans le château. À ce moment de la journée, la reine doit être en conseil ou se détendre dans sa chambre.

Je récupère mon sac et descends au village. Le cuisinier m’a donné de l’argent pour acheter à manger. J’arrive devant l’épicerie et je demande divers légumes, un agneau et deux poulets. Puis je prends avec mon argent quelques navets, deux miches de pain et une couverture rêche mais chaude. Je fais un petit tour des marchands, mange un peu chez Elisabeth, une vieille femme qui est mon amie, et je rentre au château. D’après le soleil c’est le début de l’après-midi. Je passe chez moi pour souhaiter bonne chance à mon frère. Mais quand j’ouvre la porte, je l’aperçois couché sur sa paillasse, avec le bras et la jambe bandés. Je me précipite vers lui. Il me dit qu’il s’est fait battre par les gardes car il traînait dans les jardins du duc. D’après le moine médecin du village, ses deux membres sont cassés et il n’a pas le droit de sortir pendant au moins un mois. Puis il fond en larmes et m’explique à travers des sanglots que s’il n’est pas présent au concours d’apprenti, il ne pourra pas gagner !! Je réfléchis, il doit bien y avoir quelque chose à faire pour l’aider… Je sors de la pièce sous le regard interrogatif de mon frère et je reviens deux minutes plus tard avec ses vêtements sur moi. Je prends ensuite les ciseaux de couture de ma mère et je coupe mes cheveux d’un coup, pour qu’ils soient à la longueur de ceux de mon frère car je veux lui ressembler le plus possible. Quand il a compris que je voulais me faire passer pour lui et faire l’épreuve à sa place, il me demande comment je vais savoir les réponses. Je lui réponds qu’à force de le faire réviser, j’en sais autant que lui. Il me remercie dans un murmure et me promet de ne rien dire. Puis il s’endort sur le coup à cause de ses blessures.

Une fois sortie, je me dirige vers une grande bâtisse qui est en fait l’atelier de l’enchanteur. Devant l’entrée se trouve une dizaine de personnes de dix à seize ans environ. Il faut attendre qu’un des assistants du magicien vous appelle. J’attends deux heures avant qu’un jeune homme vienne vers moi en disant mon nom (ou plutôt Adelino). Il me conduit dans une grande pièce où Merlin en personne est assis. Il me pose une longue série de questions sur les transformations, les mixtures… Puis vient l’épreuve pratique. Je réussis à faire un philtre d’amour, mais j’échoue pour la transformation d’un verre à pied en grenouille. Malgré tout, je suis contente de moi. Les résultats doivent être annoncés à la nuit tombée, donc je retourne au château et je me change discrètement. J’essaye de cacher mes cheveux mais ni Jeanna, ni Emma, ni Isaut ne sont dupes. Aucune ne se moque de moi après que je leur ai expliqué la raison de ce changement. Puis nous partons nourrir les animaux de la basse-cour. Ensuite nous lavons le linge royal et nous allons cuisiner. Ce soir, le duc reçoit des invités et il faut que tout soit parfait. C’est donc pour cela que nous avons lustré la grande salle de fond en comble, ciré le parquet de la salle de bal, et préparé la tenue de la duchesse : une magnifique robe rouge et blanche agrémentée de rubans et fils dorés. Le décolleté est en dentelle et le jupon en soie est assez volumineux pour donner un peu d’ampleur à la robe. Au revers des manches de petites fleurs de lys sont représentées. Sa coiffe est une couronne de tissu rouge avec des fils d’or. Un voile en descend.

La lune commence à prendre la place du soleil. Il faut que je me dépêche de me rendre à l’atelier. Je promets à Jeanna, Emma et Isaut que je serai de retour avant la fin de la soirée pour les aider. Je cours me changer derrière un bosquet et je me dirige vers le bâtiment. Un assistant nous emmène sur l’estrade. Merlin est au bureau des juges et regarde en détail chacun d’entre nous. Puis il se lève et dit d’une voix forte : « Chers enfants, comme vous le savez tous, nous sommes ici pour savoir qui sera mon nouvel apprenti. Cet après-midi j’ai observé chacun de vous, je vous ai écoutés expliquer, détailler, formuler, et j’ai finalement fait mon choix. »

Une vague d’excitation nous a parcourus. Le moment tant attendu et tant redouté est arrivé… Le magicien reprend : « Après une journée d’hésitation, mon nouvel apprenti est… Adelino !!! Bravo jeune homme, tu travailleras désormais en tant que disciple et tu seras payé un écu par mois ! Tu apprendras les bonheurs et les mystères de la magie. » Puis il me souffle : « Viens me voir ce soir quand tu auras fini de servir nos invités. »

Comment pouvait-il savoir que je servais la duchesse ? J’’espère qu’il ne m’a pas reconnue sinon je risque d’avoir de gros problèmes et ma famille n’en a pas besoin.

Je me dépêche de rentrer au château car la soirée doit être bien avancée. J’entre par la porte réservée aux livraisons et je pénètre directement dans la cuisine où je mets mon tablier par dessus mes vêtements de servante et prends le plateau que l’on me tend. Je suis de nouveau Adelina. Je raconte vite ma soirée aux autres, tout en servant le nombre incalculable de plats. Puis le bal commence. C’est magnifique, les robes aux multiples couleurs des femmes tournoient et les hommes dansent avec elles. Leurs costumes se composent d’un haut aux manches bouffantes, d’une ceinture, d’un bas gonflé qui descend jusqu’aux genoux, et d’une coiffe ornée généralement d’une plume. Un buffet a été installé. Il y a des amuse-bouche, du vin, du fromage, de l’eau, des petits gâteaux… tout cela présenté sur des plats en argent. Puis vers minuit les invités rentrent chez eux dans leurs carrosses. Nous mettons une heure pour tout ranger. Je suis si fatiguée que je pourrais dormir sur le parquet de la salle de bal. Je replie mon tablier et prend mon sac. Puis je sors du palais en souhaitant bonne nuit à tout le monde.

Je me rappelle la demande de Merlin, alors je prends la direction de son atelier. Il est dehors et il semble m’attendre. Il me voit et me dit tout bas que j’ai oublié de changer de vêtement. Je rougis de cette grossière erreur et il promet de ne rien dire. Je commence à lui poser des questions :

« Comment avez-vous su que j’étais une fille ?

- J’ai tout de suite su que j’avais à faire à la sœur jumelle d’Adelino. Tu ne crois quand même pas que tu peux tromper un magicien de quatre cents ans avec un subterfuge aussi grossier ? Cependant j’ai admiré ton courage, car il en faut pour participer dans ces conditions à une telle épreuve. Et si en faisant réviser Adelino tu connaissais aussi bien les formules, c’est que lui aussi doit les connaître sur le bout des doigts.

- Merci de m’avoir laissé ma chance.

- Pour vous récompenser, non seulement ceci restera un secret entre nous trois, mais quand Adelino se réveillera demain matin, le baume magique que je lui ai appliqué sur ses blessures l’aura complètement guéri.

- Je ne sais pas quoi faire pour vous remercier.

- Je veux juste que vous continuiez à vous entraider tous les deux de cette façon. Et j’attends demain matin le vrai Adelino au chant du coq dans mon atelier. »

Et il disparaît dans un nuage de poudre violette, me laissant ravie mais exténuée. Je rentre chez moi, mange un morceau de pain et m’endors en rêvant de magiciens, de danseurs, et de mon frère passant de l’un à l’autre… La vie de château, donc.

 

5e – Sujet 2, Aure GADY du collège du Vallon – Autun

L’expédition polaire

C’est ma première expédition polaire. Nous sommes dirigés par le commandant Charcot. Après ses brillantes études en médecine, quelques voyages en Egypte, en Ecosse et jusqu’au cercle polaire arctique, Jean-Baptiste Charcot souhaite en ce début de siècle, découvrir l’Antarctique. Il a rassemblé autour de lui quelques dizaines de savants dans le but de faire des observations scientifiques. Moi, Ernest Gourdon, je m’intéresse particulièrement à la glaciologie et à la pétrographie.

Sous l’ovation enthousiaste d’une foule innombrable, nous avons quitté le port du Havre le 15 août 1903 à bord du Français, notre bateau construit au début de cette même année. Après une halte à Brest où nous avons embarqué 100 tonnes de charbon, nous nous sommes éloignés des côtes françaises. Nous nous sommes arrêtés dans les îles du Cap-Vert, y avons admiré la végétation luxuriante, avant de mettre le cap sur l’Argentine. Six mois après notre départ, nous sommes à Ushuaïa où le gouvernement argentin nous fournit généreusement du charbon et du matériel nécessaire pour l’expédition. Quelques jours plus tard, nous atteignons l’Antarctique.

À peine avons-nous atteint l’Antarctique que nous rencontrons notre premier iceberg, d’une magnifique couleur bleutée. Nous sommes émus et impressionnés par la taille de ce colosse de glace recouvert de neige. Chaque jour nous en découvrons d’autres. Certains nous surprennent par leurs parois à pic. D’autres fois nous découvrons de nombreux icebergs, de petite taille, échoués le long des sinistres côtes. D’innombrables êtres noirs plongent autour du bateau. Ce sont des pingouins. Des oiseaux volent autour de nous. Monsieur Menegaux, ornithologue,

les a identifiés : il y a des mouettes, des albatros, des goélands et bien d’autres espèces encore, comme le magnifique pipit.

Pour l’instant, il nous est impossible d’accoster car les côtes des falaises sont abruptes et les îlots bas et rocheux entravent le bateau. Soudain, un immense iceberg se dresse devant nous. L’arrière-plan est constitué de falaises nacrées. Cet iceberg est sillonné de fentes et de crevasses. Le temps s’assombrit : la neige tombe en abondance. Nous éloignons le plus possible le bateau des côtes. Une heure plus tard, la tempête est calmée. Une brise légère flotte dans l’air. Nous accosterons bientôt.

Nous marchons depuis trois jours et trois nuits. La nuit dernière, nous avons observé une aurore australe. Nous étions tous émerveillés par les couleurs de cet étrange phénomène. Chaque jour, Monsieur Trouessart prend d’abondantes notes qu’il illustre de croquis. Il a déjà observé des manchots empereurs, des lapins des neiges et un phoque de Ross. Ce matin, le ciel est très bas : les températures ont chuté soudainement. Le brouillard s’épaissit ; un blizzard violent nous glace ; la neige tombe en abondance. Il est de plus en plus difficile d’avancer ; nos pas ralentissent. Je sens mes forces qui m’abandonnent… Chaque pas est une souffrance… Je tombe… Je me relève… Je vois à peine mes amis devant moi… Le froid me pénètre…Je tombe de nouveau dans la neige épaisse… Le silence, autour de moi…

La neige m’a enseveli. Ma tête me tourne. Le sol se dérobe sous mon corps. J’entrouvre les yeux mais je ne distingue que du blanc. Tout est calme autour de moi. Je veux me relever. Le monde tourne autour de moi. Je suis perdu dans une blancheur infinie.

Soudain, une voix m’interpelle :

« Monsieur Gourdon, Monsieur Gourdon, tout va bien ? »

Je tourne la tête, péniblement. Une infirmière s’approche de moi :

« Vous êtes très agité. Souffrez-vous ? Voulez-vous que j’augmente la morphine ? »

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