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du 23 juin au 15 octobre 2017
 

 

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Un soir, un livre 
  6 septembre 2017

 


 


 

 


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Un soir, un livre 2017

  Activité gratuite ouverte à tous.

On discute d'un livre choisi d'un commun accord auparavant.
On peut même venir juste pour attraper le désir de lire...
Pour s'informer, participer, organiser, accueillir...
Infos : Jeanne Bem : jeannebem@yahoo.fr 

 

 

  Mardi 20 juin  2017  

18 h.  -  Chez Marie-Paule et Michèle
La Grande Chaux

 
  Autour  de :
 
La musique d'une vie
de Andréï Makine - La seuil, 2001

 
 
Ci-dessous le compte rendu des échanges
lors des différentes réunions proposé par Jeanne Bem

 



  

 

   

Lundi 24 avril 2017

Ce livre de Sylvie Granotier, "Personne n'en saura rien", promettait une vraie discussion. Un roman policier parle nécessairement de crimes. Après, il y a des crimes qu'on n'aime pas voir racontés, ici ce sont des viols de jeunes filles par un tueur sériel. Moi-même, j'ai eu le plus grand mal à dépasser les trente premières pages et à vraiment entrer dans le roman. Pourtant, il faut reconnaître que l'auteure ne donne pas dans le voyeurisme, ce qui se passe est suggéré mais pas vraiment représenté.

Mais une fois qu'on a compris que le suspense se transfère sur la jeune fille au caractère bien trempé, Isabelle, la seule qui n'a pas été assassinée, et aussi qu'il y a un dispositif narratif habile, un vrai mécanisme d'horlogerie, avec des chapitres alternés, au début on a plusieurs des crimes, commis à des dates diverses généralement au bord de la mer, mais très vite on a des audiences du procès du violeur, et aussi des chapitres consacrés à l'histoire personnelle d'Isabelle, avec vers la fin la résurgence des premiers crimes grâce à un retour sur les familles des disparues... et un zoom de plus en plus précis porte sur le secret entre Isabelle et Jean Chardin et sur la relation de pouvoir inversée - bref, quand on a compris tout cela, on devient de plus en plus intéressé. L'auteure tombe dans la vulgarité de langage parfois, parce qu'elle essaie de coller aux ados ou au milieu des gens simples. Mais elle a beaucoup de finesse psychologique et son "tableau de la France" est assez juste.

Donc discussion il y a eu, et certaines lectrices n'ont pas vraiment été convaincues, tandis que d'autres ont soutenu le livre. On a parlé du sexe dans la littérature, de la violence au cinéma, du thème longtemps tabou du viol, des faits divers que les romanciers utilisent depuis le 19e siècle.

   
Vendredi 17 mars 
Nous étions onze hier soir (plusieurs s'étaient excusés ou étaient en voyage) et nous avons passé une soirée agréable autour du livre d'Elena Ferrante, "L'amie prodigieuse". Il paraît qu'en italien, dans le titre, elle (Lila) est "géniale".

Le charme a opéré sur beaucoup de lectrices (la soirée était féminine...), parmi les absents Paul et Françoise eux aussi ont dit avoir aimé le livre. Paul a lu les trois volumes. Parmi les présents, plusieurs ont déjà lu le second, et d'autres s'y apprêtent. Bref, "L'amie prodigieuse" interroge aussi sur le phénomène du "bestseller". Les réactions négatives ou mitigées, dans notre groupe, étaient rares.
Le milieu - ce quartier populaire à la périphérie de Naples -, l'époque - l'Italie des années 50 et 60 dans le premier volume -, la psychologie - cette emprise réciproque des deux petites filles qui fonctionnent comme des vases communicants, qui vivent par procuration chacune la vie de l'autre -, tout cela passionne les lecteurs et lectrices. Même l'extrême lenteur et minutie du récit de ces vies racontées au jour le jour ne rebute pas. La violence des relations, qu'il s'agisse des rapports hommes-femmes ou parents-enfants ou des hommes entre eux, ou encore la présence de la maffia (gangrène sociale encore embryonnaire dans le premier volume), cela peut gêner, mais c'est récupéré au nom du réalisme documentaire. C'est vrai que le côté documentaire rappelle des souvenirs: on a eu une longue discussion sur l'école primaire en France, parfois très traditionnelle elle aussi jusque récemment.
Moi j'avais comme objection que dans ce roman le réalisme justement ne concerne que la psychologie et les actions, et qu'il n'y a pratiquement aucune description, aucune évocation sensorielle des ambiances. Il semble que les lecteurs et lectrices y suppléent par l'imagination, ils arrivent à "voir" mentalement les lieux, grâce peut-être au cinéma italien de ces années-là, qui accompagne silencieusement la lecture du roman. La romancière est très économe - la simple mention d'une Fiat "Millecento" suffit pour évoquer tout un monde.
On a tous été d'accord pour dire que quelque chose nous manquera toujours: pouvoir apprécier le style, la langue. Non seulement parce que le roman est traduit, mais parce que le dialecte napolitain est le vrai "fond sonore" des échanges dialogués - est-ce que cela apparaît mieux dans la version originale? Il faudrait aller voir. En tout cas, la narratrice éprouve plusieurs fois le besoin de dire: "je lui ai répondu en italien".
   
 Lundi 13 février 2017
Nous étions hier chez Jacqueline, onze en tout -
C'était pour parler de ce classique de l'humour anglais: Jerome K. Jerome, "Trois hommes dans un bateau". On navigue sur la Tamise dans les années 1880. Il y a des gags à chaque page.

La plupart ont bien aimé, mais sans doute faut-il avoir lu ce livre dans l'enfance, ce qui est le cas de Jeanne et de Paul, lesquels ont retrouvé intacte leur capacité à rire au fil des pages, qui sont parfois des morceaux d'anthologie.

On a discuté de la société victorienne, des auteurs contemporains de Jerome, comme Henry James ou E. M. Forster, des points communs entre "Trois hommes", les nouvelles de Maupassant et les peintres impressionnistes... On a parlé des livres dont le thème est la rivière.
Une perle: un Anglais en 1866 a fait un voyage-exploration sur l'Arroux! C'est Philip Gilbert Hamerton, je l'ai commandé en anglais, en français le livre est cher, mais il y en a un exemplaire à la Bibliothèque municipale d'Autun.
Titre: La rivière inconnue (The Unknown River).

Je recommande aussi un autre classique de la littérature anglaise qui conjugue humour et rivière, c'est un chef-d'oeuvre: Kenneth Grahame, Le vent dans les saules (The Wind in the Willows), ce sont les aventures de Taupe, Rat, Blaireau et Crapaud, il date de 1908, et il existe en français en poche.
 
Nous étions treize hier soir chez Nicole Neyrat et la réunion (rien que des filles) a été très joyeuse, on a beaucoup ri, malgré le fait que le roman d'Anne Brobbel Dorsman soit assez sombre, excepté la première partie "Retrouvailles" et l'Epilogue.

C'est parce que les avis sur ce livre étaient très contrastés, cela nous a amusées. Une participante avait lâché la lecture en chemin, une ou deux avaient lu le roman en diagonale, une l'avait lu jusqu'au bout mais était choquée par des précisions sexuelles qu'elle trouve "commerciales", plusieurs trouvaient que la mise en forme n'est pas très bonne... Le style est souvent trop précieux, la romancière adore les jeux de mots.

Pour ma part, ce qui m'a le plus gênée, c'est la version "française" des cahiers rédigés par la jeune fille allemande nazie. Car il manque une explication qui rende vraisemblable notre lecture en français de ces textes, et les mots français, les tournures utilisées ne correspondent pas à la manière dont une adolescente à la campagne pouvait s'exprimer, en allemand, dans les années 1940. Cela sonne faux, ce ne sont pas des textes "traduits", ce sont des textes composés directement dans le français des années 2000. Le sujet du roman, une histoire d'amour avec l'ennemi, est assez banal. On a évoqué des films ou d'autres romans, on a re-raconté des éléments de l'histoire de l'Occupation ou de l'après-guerre... Pour reprendre encore une fois ce sujet aujourd'hui et le renouveler, il faut être convaincant.

Mais - car il y a un mais - "L'ivre coeur" a eu deux défenseures très sincères et ferventes. Ce roman les a touchées, leur a paru réaliste, bien écrit et bien conçu. Plusieurs dans le groupe ont aimé le personnage de la petite fille délurée, qui fait le charme de la première partie. Cette première partie d'ailleurs forme une sorte de texte autonome et elle pourrait faire une bonne nouvelle. Certes, on n'aurait pas la clef du profond désespoir du père/grand-père, mais après tout, le lecteur pourrait accepter qu'il plane une énigme non résolue. En même temps, on a reconnu que la première partie était un prologue indispensable pour introduire en flash back le reste de l'histoire, qui du point de vue de la romancière, constitue sans doute le "coeur" de l'oeuvre.