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Danny

Marion Lehuraux, Lycée Saint Joseph, Auxerre, 89

Nous nous regardions et nous ne savions par où commencer. Il était grand, brun, les cheveux courts et raides, maigre mais costaud. Ses yeux noisette brillaient à la lueur du soleil. Il s'appelait Danny et c'était le garçon le plus mignon du lycée. Il y a longtemps que je m'intéressais à lui mais je pensais ne rien être à ses yeux. Pourtant j'avais tort ! Derrick, le frère de Danny m'avait passé un mot en cours de physique et il disait que son frère voulait me parler, à moi, Carolina Bushter, pauvre petite élève de seconde. Je devais aller le lendemain à quatorze heures devant les toilettes des filles. Que la fin de journée me parut longue ! Enfin j'étais chez moi. Je courus dans ma chambre pour noter cette date importante dans mon calendrier : 16 décembre 2006. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée que le mec le plus craquant du collège s'intéressait à moi. J'appelai ma meilleure amie, Véroniqua Bizochez pour lui raconter tout ce qui s'était passé : « Non, c’est vrai ?
 
- Oui, je t'assure ! Et si c'est un coup monté, le Derrick, il va m'entendre mais ça m’étonnerait : il n'est pas du genre à faire de mauvais coups.
 
- Tu as de la chance !
 
- Carolina ! A table !
 
- Bon, il faut que j'te laisse... »
 
A table, mon frère racontait sa journée pendant que je rêvassais sur mon potage. Je ne pensais qu'au lendemain : comment m'habiller, quelle coiffure me faire... Ah ! Penser à me laver les dents !
 
Arriva l'heure d'aller me coucher. J'y allai, au grand bonheur de mes parents, sans grogner, car je voulais à tout prix être à demain. Je ne dormis pas de la nuit : finalement, qu'est ce que c'est long, une nuit ! Comme prévu, le lendemain matin, je ne suivis pas les cours et comme prévu, j'eus trois avertissements. A midi, je ne pus rien avaler. Véroniqua me conseilla d'aller me détendre en lisant une bande dessinée, en attendant l'heure H. Mais à cause de ça, j’arrivai avec cinq minutes de retard. Il me fixait bizarrement : je sentais que quelque chose n'allait pas. Je me demandais ce qui n'allait pas chez moi : était-ce mes cheveux, ou alors mes dents ? « Oh mince ! Mes dents : j'ai oublié de les laver ! Fermons la bouche ! »
 
Nous nous regardions et nous nous ne savions par où commencer. Ce fut lui qui commença :
 
- Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ? J'ai demandé à mon frère d'envoyer ce mot à une bombe ! Pas à un thon !
 
C'était donc ça : ce n'était pas moi qu'il attendait! Cet imbécile de Derrick m'avait bien eue : ce n'était qu'une blague d'un très mauvais goût ! Je partis en courant, m'en voulant à moi-même d'avoir cru, ne serait-ce qu'un instant, que Danny m'apprécierait un jour.
 
 
 
Dans ma chambre, sur mon lit rose avec Véroniqua, je me lamentais. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. Je ne pourrais plus jamais aimer un garçon... ni une fille d'ailleurs !
 
 
 
Soudain, j'entendis frapper à la fenêtre de ma chambre : Danny !
 
 
 
« Désolé, je... je n'aurais pas dû m'emporter. Et... tu es très jolie
 
 
 
- Je... Va-t’en Danny ! Tu m'as assez humiliée.
 
 
 
- Je viens te parler gentiment, m'excuser, et j'en prends plein la gueule !
 
 
 
- Mais c'est faux ce que tu dis : déjà, tu ne me trouves pas belle et tu ne penses rien de ce que tu dis ! Si tu cherches à conserver ta réputation de mec sympa, eh bien tu te goures !
 
 
 
- Très bien, si c'est comme ça, je me tire...
 
 
 
Il partit en courant et je me remis à pleurer de plus belle. Ce fut ainsi jusqu'au soir. Je ne mangeai pas, je ne parlai à personne, je ne sortis même pas de ma chambre de la journée.
 
 
 
Le lundi suivant, au lycée, Derrick vint me parler. C'était bien la dernière personne que je voulais voir ! Il me raconta tout ce qui s'était passé, de la demande d'envoi du mot à l'emportement de Danny, en passant par « C'est moi qui te trouvais belle ». Mais rien n'y faisait : la journée me parut longue, triste et sans vie.
 
 
 
Les jours suivants, Derrick venait me voir pour me parler et me réconforter. Le pire c'est que ça me faisait plaisir... Finalement peut importait ce qu'avait dit Danny : son frère était beaucoup mieux ! Derrick, il est mignon et vraiment sympa. En plus il n'est pas bête ! Et finalement, il n'y avait que lui qui avait vu que c'était moi la plus belle de la classe... Derrick devenait de plus en plus attirant et ça m'inquiétait. Je ne voulais pas l'admettre mais je devenais amoureuse !
 
 
 
 
Chaque jour, Derrick devenait de plus en plus attentionné et chaque jour mes sentimen