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Recherche

Un soir, un livre 2024

 

Cercle de lecture convivial ouvert à tous, qui fonctionne sous la houlette de Jeanne Bem

On se rencontre une fois par mois environ et on discute du livre choisi lors de la précédente rencontre.
On peut venir aussi juste pour attraper le désir de lire.

 


Prochaine rencontre

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Mardi 5 mars à 15h, chez Danièle, à Autun

Nom, de Constance Debré ; Flammarion, 2022 

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Les comptes-rendus sont rédigés par Jeanne Bem

Mercredi 24 janvier 2024

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J'étais très contente hier de recevoir le groupe chez moi, ça me redonne confiance et ma convalescence progresse.

Réunion très sympa, nous étions onze.

Grande discussion un peu décousue sur ce livre de Laura Murat, "Proust, roman familial". La forme que prend ce livre est elle aussi assez décousue, bousculée, avec une répartition inégale de la matière narrative - entre autres, on a du mal à s'y retrouver dans les deux côtés de la noblesse d'Empire et d'Ancien Régime.

Chez Freud, l'enfant s'imagine un "roman familial" avec des parents imaginaires, et cela lui permet de se construire (ou de choisir le fantasme à la place du réel, ce qui est plus embêtant). Laure Murat, elle, en lisant à vingt ans "A la Recherche du temps perdu", a eu la surprise de découvrir la réalité même du milieu post-aristocratique dans lequel elle avait été élevée, et elle a pu ainsi le mettre à distance et s'en émanciper. Donc la fiction l'a paradoxalement dirigée vers le réel de son enfance. Mais c'est à cause de la configuration particulière de sa famille: car certains de ses ascendants figurent dans la "Recherche", certains de leurs titres de noblesse s'y retrouvent, et il y a des gens de sa famille qui ont personnellement connu Proust!

En même temps, grâce au roman de Proust, qui donne une vision très critique du milieu aristocratique, elle a mieux compris que cette réalité recouvrait en fait une vacuité, un vide, de simples signes qui ne renvoyaient qu'à un entre-soi.

C'est pourquoi on est pris, en lisant ce livre (roman? documentaire/témoignage? essai à la manière de Montaigne?), d'une sorte de vertige ou de malaise même, on ne sait plus trop bien où on est. D'autant que, si les aristocrates de Proust étaient déjà une espèce sociale en voie de disparition, les post-aristocrates des années 1960-1970 nous apparaissent comme d'incroyables survivants, évoluant dans un monde parallèle. Ce que l'autrice illustre avec humour à propos du titre "Princesse" qui n'est plus compris que comme un prénom !

Certains du groupe sont "entrés" dans le projet de l'autrice (auto-analyse ou auto-thérapie à travers Proust), d'autres pas. Il y a des passages où elle "fait cours" sur Proust - elle est prof: on a aimé, ou pas. On a trouvé (ou pas) que son livre donne envie de (re)lire Proust. On s'est demandé ce qui peut pousser de jeunes Californiens sur un campus du 21e siècle à s'intéresser à Proust - surtout s'il est traduit en anglais! (on n'ose même pas imaginer!) On a remarqué que Laure Murat attribue spécifiquement à son milieu d'enfance des caractéristiques d'entre-soi (codes de politesse, surnoms) qui en fait existent aussi en France dans d'autres milieux. On a trouvé que le père de Laure Murat avait une personnalité moins vide, plus consistante que ne le laisserait supposer son milieu: un producteur de films, un lettré qui a enrichi le milieu intellectuel et culturel parisien de son époque.

L'idée est venue de comparer Laure Murat à Constance Debré, qui elle aussi a donné un grand coup de balai qui l'a libérée de sa famille. Le prochain livre:

Constance Debré, "Nom" (2022). Comme c'est court, vous pouvez compléter avec les deux autres: "Play Boy" et "Love Me Tender".