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Un soir, un livre 2021

Cercle de lecture convivial ouvert à tous , qui fonctionne sous la houlette de Jeanne Bem

On se rencontre une fois par mois environ et on discute du livre choisi lors de la précédente rencontre.
On peut venir aussi juste pour attraper le désir de lire

Prochaine rencontre 

Mardi 28 septembre 2021 à 18 heures

Chez Elizabeth Blondeau à Autun

livre choisi : 

image : /upload/Annee 2021/UnSoir_2021_Altan_A_Couv.jpg

Madame Hayat, de Ahmet Altan 
Actes sud, 2021

 

Les comptes-rendus ci-dessous sont rédigés par Jeanne Bem qui coordonne le cercle de lecture

Vendredi 29 août 2021

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Vendredi, nous étions douze, réunis dans le jardin de Chantal, près de sa belle piscine. Ou treize, si on compte le petit-fils d'Agnès!

Le "roman inuit" de Bérengère Cournut, De pierre et d'os, a donné lieu à une discussion animée mais somme toute consensuelle. Certains, certaines, ont été complètement embarquées dans ce livre prenant, qui nous plonge dans la vie sur la banquise, avec sa courageuse héroïne et cette lutte de tous les instants pour arriver à survivre dans des conditions extrêmes.

Style sobre, beauté des paysages évoqués, contact presque charnel avec la matérialité de l'existence. Peu de paroles échangées entre les protagonistes. Des sentiments forts, mais des comportements réservés. En même temps, une sorte de violence omniprésente, qu'elle vienne de la nature ou des conflits entre les petits groupes ou à l'intérieur des groupes. Les animaux sont très présents, et les humains partagent leur souci essentiel: se nourrir et préserver la continuité de la vie. On se dit que les hommes préhistoriques devaient sentir, penser, lutter comme ces Inuits.

Le roman manque un peu de suspense, mais nous avons le déroulé complet de la vie d'une femme, avec la succession des moments-clefs - adolescence, sexualité, accouchements, maladies, mort. Nous savons tout des croyances et des rituels de la culture inuit quand elle était encore préservée (l'époque est sans doute le premier 20e siècle, comme l'indiquent les dates des photographies et des documents publiés en fin de volume).

La discussion a permis de préciser qu'il s'agit quand même d'une fiction! Une fiction qui s'appuie sur des documents uniquement. La romancière travaille un peu comme le faisait Jules Verne, qui travaillait à partir d'articles de journaux, de gravures, de récits de voyageurs, d'ouvrages savants. Elle ne se déplace pas, elle n'est pas allée visiter la banquise en ce début de 21e siècle (avec raison!), mais elle ne semble pas même avoir visité par exemple les musées nord-américains qui montrent les trésors de l'art inuit. C'est aussi un roman à la première personne: cela accentue la présence de l'héroïne, on entend sa voix, mais cette "vérité" repose sur une convention littéraire. J'essaie d'imaginer ce qu'aurait donné le roman de Flaubert, "Salammbô", s'il avait été écrit à la première personne, du point de vue de la princesse carthaginoise...

image : /upload/Annee 2021/Un_Soir_2021_ChezChantal1.jpg  image : /upload/Annee 2021/Un_Soir_2021_ChezChantal2.jpg

lundi 19 juillet 2021 

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Nous avons eu une belle réunion dans le Morvan, sur la terrasse avec vue de Christophe et Djinn. Nous étions quinze (et plusieurs s'étaient excusés), ce qui montre notre attachement à ces discussions littéraires sympa. Surtout quand on peut de nouveau se réunir.

Le Ruban, le livre de Ito OGAWA, a donné lieu à des échanges variés. Plusieurs ont beaucoup apprécié de le lire ces temps-ci car il apporte de la sérénité. Il parle, à travers différents personnages amis d'une perruche, du lien social, du mal d'être (qui n'existe pas qu'au Japon), mais aussi de petits moments de plaisir, de beauté, d'empathie ressentie avec quelqu'un d'autre. La Nature est très présente, mais on voit qu'elle a une place très restreinte dans la ville japonaise, ce qui rend plus précieux un arbre, un nichoir, une plume. La légèreté de la touche et le regard poétique de la romancière voisinent avec une dose de réalisme - quand on connaît un peu le Japon, on retrouve la vie quotidienne de là-bas et de ses rituels. C'est aussi un livre intemporel, situé dans le temps "d'avant", vers 1990-2000? On a quand même hésité pour savoir si l'introduction du Mur de Berlin dans les dernières pages était une bonne idée.

L'autre son de cloche s'est fait aussi entendre: certains lecteurs, lectrices, ont ressenti un léger ennui et parfois ont laissé leur lecture en plan. Mais comme ce sont en fait des nouvelles qui sont juxtaposées, ce n'est pas grave: la lecture d'une ou deux nouvelles donne une idée de l'ensemble. Ceux-là n'ont pas pu apprécier par exemple le retour de l'histoire de la perruche Ruban dans la toute dernière nouvelle. Chacun a eu sa nouvelle préférée, mais il est sûr que celle qui ouvre le recueil est la plus réussie, la plus intrigante, avec l'oeuf couvé dans le chignon de la vieille dame.